| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Franck Bedrossian [1971, France (Paris) - ] (prononcer «bédrossian», même si le nom ne prend pas d'accent), d'ascendance Juive, Espagnole et Arménienne, est un pur produit de la formation Française (après le Conservatoire de Région de Paris rue de Madrid, le Conservatoire de Paris à la Villette, pour des études avec Gérard Grisey, puis Marco Stroppa), tout en diversifiant ses intérêts avec Helmut Lachenmann (Centre Acanthes en 1999, Internationale Ensemble Modern Akademie en 2004) et en développant sa palette par l'électronique (comme instrument complémentaire, pas encore pour les transformations en temps réel, à l'Ircam, avec Philippe Leroux) ; il est pensionnaire à la Villa Médicis de Rome (2006 - 2008) ; en Septembre 2008, il part aux USA, à l'Université de Berkeley, Californie, en tant que professeur de composition, comme son aîné Gérard Grisey ; un personnage carré, volontaire, proactif, intuitif (raisonné), bouillonnant (mais se maîtrise)... Première œuvre significative : "L'Usage de la Parole" (1999, pour clarinette, violoncelle et piano). Instrument pratiqué : piano. | Moderniste-Saturateur. Franck Bedrossian est un jeune compositeur prometteur qui détonne par un style (et un positionnement) unique, avec un langage marqué par les saturations du son (en superposition de couches), de l'énergie, de l'information (voire du sens), jusqu'à la distorsion (sans provocation inutile... sauf pour les titres de ses pièces) ; nul doute que pour tracer sa voie originale, il a écouté longtemps les musiciens de jazz depuis John Coltrane jusqu'aux adeptes du Free (Cecil Taylor, Albert Ayler, voire Eric Dolphy) et du rock extrême (les saturations de la guitare électrique) ; radical, son langage n'est cependant pas hermétique ou abscons, mais clairement magnétique, voire séduisant ; il ajoute en outre comme influences, dans la recherche à l'intérieur du son original, celles de Debussy (harmoniques), de Xenakis (clusters), de Varèse (ionisations) et surtout de Grisey (spectralisme) et de Lachenmann (dé-structuration) ; sa musique, avec la jeunesse, est énergique, radicale, voire transgressive, avec des moments (encore courts) de douceur, de bonheur onirique ; il faut du temps pour pénétrer ce nouvel univers inouï et fascinant et pour être -littéralement- transporté… Pièces emblématiques (sur une vingtaine) : "La Solitude du Coureur de Fond" (2000, pour saxophone alto solo), "Digital" (2003, pour contrebasse, percussion, électronique, un brillant jeu de piste), "It" (2005-2008, pour ensemble de chambre), "Charleston" (2005-2007, pour ensemble, un faux pastiche plus accessible), "Manifesto" (2008, pour octuor à vents, pièce ambitieuse et aboutie), "Tracé d'ombres" (2005-2008, quatuor à cordes, avec un pépillement transcendant), "Swing" (2009, pour petit ensemble, non écouté en concert). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 2005 | Charleston (ensemble de 15 musiciens) [34 ans] | Petit Ensemble. Violente (jusqu'à l'hystérie contrôlée) peut-être, en tout cas pulsée par une énergie féroce (jusqu'aux débordements), par une alternance tension-libération, cette pièce est décoiffante, prenante, qui assiège littéralement l'oreille du début à la fin ; la filiation temporelle du titre, tient davantage par la puissance tellurique et la sauvagerie effrayante, de Varèse ("Hyperprism") que de Joséphine Baker, bien sûr, et la référence, par le titre, à cette danse des années 1920 doit dès lors être comprise comme l'intégration d'éléments extérieurs empruntés aux musiques improvisées et, de fait, certains parmi les 15 musiciens jouent des soli très libres (trombone, mais aussi cor, harpe, flûte, percussion ou clarinette) ; un concentré de musique radicale, d'une grande beauté, une pièce démonstrative, emblématique de l'art de la saturation (avec comme obsession l'articulation de l'excès) ; la pièce s'ouvre par un précipité chaotique au saxophone, illustré par des frémissements fiévreux des autres instrumentistes (comme un chorus de Jazz) ; pour la version révisée (2007), le compositeur a focalisé encore davantage son propos en coupant 3 minutes [création : 16 Avril 2005, à Paris (France)]. | 13 | xxx | +++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 3 Février 1971
M.A.J.-Actus : 2010/03/16. | Création de "Edges" pour piano et percussion, le 21 Mars 2010, à Genève (le 23, à Paris) ; création de "Swing" une pièce longue de 30 mn le 18 Octobre 2009 à Donaueschingen pour 11 musiciens (fascinant) ; création d'une pièce pour accordéon solo le 27 Novembre 2008 ; reprise de la nouvelle version de "Tracé d'Ombres" à Paris le 13 Novembre 2008 ; en Septembre 2008, s'est installé en Californie comme professeur de composition ; création Française réussie d'une nouvelle version de "It" pour quintette, le 8 Février 2008, et le 13 Mars, de "Manifesto" pour ensemble de chambre (également très original) ; travaille sur une pièce pour soprano et ensemble (Genève, Novembre 2010) |
Actualisation de la page : 05-Juin-2010 |