| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Pascal Dusapin [1955, France (Nancy) - , né le même jour que son aîné et mentor, Iannis Xenakis] (prononcer «dussapain») est un acteur à part de la création musicale : il est plutôt autodidacte (il n'a pas suivi le cursus scolaire d'un Conservatoire), même s'il a suivi des masterclasses de Iannis Xenakis (entre 1974 et 1978) et d'autres (Franco Donatoni, André Boucourechliev) ou s'il reconnaît des chocs d'influence (Varèse: "Arcana") et qu'un temps il a envisagé de se consacrer au Jazz ; ce retard par rapport à la normalité d'apprentissage tient aux hésitations quant à son destin (écrivain, architecte...) et à une grave maladie (9 ans) ; une personnalité imaginative et viscéralement artistique (diplômé de la Sorbonne en arts plastiques, sciences de l'art et esthétique, passionné de poésie et de philosophie, et aussi de photographie) et un tempérament particulièrement complexe et contrasté par les extrêmes (à la fois timide et audacieux voire culotté, à la fois extraverti - égo surdéveloppé, voire narcissisme- et introverti -intense vie intérieure) ; en 2007, il est élu Professeur au Collège de France (le second compositeur après Pierre Boulez)... Première œuvre significative : "Timée" (pour orchestre, 1978, en hommage à Xenakis). Instrument pratiqué : orgue. | Moderniste-Synthétique. Pascal Dusapin est déjà un compositeur établi (peut-être un des futurs grands compositeurs de la Musique Contemporaine, si son ambition musicale n'est pas écornée par les honneurs) et reconnu comme un créateur original dans tous les domaines de la Musique (et notamment la voix, chorale ou dramatique, avec 6 opéras) ; son approche se situe à part, comme son langage inattendu (dans l'héritage de Xenakis), non conformiste, et très personnel et expressif, voire virilement sensuel, tonal et atonal ; un compositeur prolifique de pièces courtes et concises (rarement plus de 20 minutes, sauf les opéras, y compris auteur du livret), d'où une impression de fulgurance et d'urgence, avec un côté jouissif et protéiforme (mélancolique, doux, ou furieux, nerveux, en tout cas toujours plein) et souvent une forte dimension littéraire (poésie, philosophie, morale), dans un style qui s'impose à l'oreille (à l'instar de Beethoven) ; son langage est héritier de Xenakis (musique massique, en clusters, contrapuntique), avec ajout des rythmes modernes (Pop, Rock, pulsations Varésiennes ou Ligétiennes) et de la microtonalité (modérément) ; de ses pièces les plus récentes, ressort davantage de métier que d'inspiration originale ; en 2009, s'est essayé à la musique de film (BOF : «Entre ses Mains», d'Anne Fontaine)… Pièces emblématiques (sur un catalogue total de plus de 70, de haut niveau général) : "Time Zones" (1989, pour quatuor, une divagation sur le temps), "La Melancholia" (1991, opéra de chambre), "Medea Material" (1990, opéra de chambre, renommé Medea à partir de 2005), "To be Sung" (1994, opéra de chambre, polyphonique), "Watt" (1995, concerto pour trombone), "Celo" (1997, concerto pour violoncelle), "Granum sinapis" (1997, pour chœur), "Dona Eis" (1998, pour chœur), "Perelà, Uomo di fumo" (2003, opéra, humaniste-christique, avec un traitement des voix original), "A Quia" (2002, pour piano et orchestre, mystérieux), "7 Solos" (1992 - 2009, pour orchestre, avec une progression dans l'art de l'orchestration, musique magmateuse, statique et puissante, par vague, notamment "Extenso" en 1994, "Apex" en 1995, "Exeo" en 2003, "Reverso" en 2007, "Uncut" en 2009), "Faustus, the last Night" (2006, opéra de chambre philosophique). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1989 | Time Zones, Quatuor n°2 (2 violons, alto, violoncelle) [34 ans] | Quatuor-Cordes. Une œuvre qui illustre bien le plaisir qu'a le compositeur à travailler la matière sonore ; le titre qui signifie fuseaux horaires, implique 24 courts mouvements (chacun commentant ou interrogeant ses voisins), un pour chaque fuseau horaire de la planète, souvent associés par paires, comme autant d'étapes ou de divagations d'une pensée itinérante (en zigzag) ; une grande originalité, un dialogue entre musiciens (souvent partiel à 2 ou 3) avec moult couleurs locales et l'irruption d'un fugato pour terminer sur un coup de théâtre [création : 19 Octobre 1989, Salle Favart, à Paris (France)]. | 31 | xxx | +++ |
| 1997 | Celo, concerto pour violoncelle (violoncelle et grand orchestre) [42 ans] | Violoncelle concertant. En 3 mouvements, mais c'est bien le seul point de repère avec la tradition : une œuvre presque noire où le soliste se fond dans l'orchestre alterné par groupes, en se tenant le plus souvent dans le registre de l'extrême grave ; dans le premier mouvement, très sombre, les cordes du violoncelle ont été lavées à l'alcool, puis dans le second un peu plus éclairé par des contrastes, la colophane des cordes se rétablit peu à peu, enfin le dernier mouvement est dramatique, l'ensemble est très lent, énigmatique, voire ironique à la fin (pour l'anecdote, le titre est un clin d'œil avec «cello» (violoncelle, en Anglais), car «celo» en Latin signifie je cache, je garde secret, et fait référence au rôle du soliste et à la noirceur de la musique) [création : 18 Mars 1997, au Festival Aspects des Musiques d'Aujourd'hui, de Caen (Frace), par Sonia Wieder-Atherton (violoncelle)]. | 20 | xxxx | +++ |
| 2003 | Perelà, Uomo di fumo (opéra) [48 ans] | Opéra théâtre. Une parabole christique (pour 12 personnages principaux, chœur mixte, orchestre, bande magnétique) sur le rejet de la différence (un beau livret, intelligent et intemporel du compositeur d'après le roman 'Il Codice di Perelà' d'Aldo Palazzeschi [Le Code de Perela], paru en 1911 et révisé en 1954) ; le compositeur innove par le traitement des voix en mode décalé, presque éraillé… superbe! L'histoire a un caractère métaphorique christique-humaniste évident : Perelà vient de nulle part, il a 33 ans, et a été engendré par 3 mères, Pena, Rete et Lama (la Trinité biblique), et il a la particularité d’être fumée, autre métaphore, il arrive dans une cité au milieu de nulle part qui a la réputation d’assassiner ses rois (dans la mise en scène initiale, la fumée est associée à la science-fiction de petits hommes extra-terrestres) ; il est l’objet d’une adoration si éperdue de la part du peuple, que le roi et la reine lui confient la rédaction du code, métaphore des lois régulant tout groupe humain ; il est si extraordinaire qu’un vieux valet tente de l’imiter en s’immolant par le feu après avoir appris que le corps de Perelà est le fruit d’une carbonisation ; la société (archétypale) se retourne alors contre son héros, qu’elle condamne à la prison à vie ; victime des fantasmes que son apparence suscite, Perelà, qui a traversé l’opéra en se demandant ce qu’il faisait là, remonte au ciel et s’évapore. A noter : Perelà Suite, des extraits pour orchestre, en 2004 (20 mn) [création : 24 Février 2003, Opéra Bastille, à Paris (France)]. | 135 | xxxx | ++++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 29 Mai 1955
M.A.J.-Actus : 2009/04/20. | La Cité de la musique, à Paris, présente en Avril 2009 un domaine privé (6 concerts) ; création Parisienne de "Faustus, The Last Night" (2005) ; travaille beaucoup sur un ensemble de pièces pour piano solo (comm. pers.) ; a été élu professeur au Collège de France en Février 2007, le premier compositeur après Pierre Boulez |
Actualisation de la page : 27-Août-2010 |