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* BRIAN FERNEYHOUGH (1943 - 67 ans), Angleterre

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Brian Ferneyhough [1943, Angleterre (Coventry) - ] (prononcer «feurni-owe») joue dans les fanfares ou «brass bands» avant de s'orienter assez tard vers les études de musique à Birmingham (1961-1963), puis de composition et de direction d'orchestre à la Royal Academy of Music de Londres (1966-1967) ; il part ensuite travailler à Bâle avec Klaus Huber (1969-1971), dont il devient l'assistant comme professeur de composition à Fribourg-en-Brisgau (1973-1986), et enfin il se consacre à l'enseignement -pour lequel il est très reconnu et d'une intelligence aiguë- dans de nombreux pays (USA, Hollande, France, Italie...), en même temps qu'à la création (rare) ; il s'est opposé aux tenants de la «Nouvelle Simplicité» en musique (Rihm et consorts), par une «Nouvelle Complexité» pour sa propre musique et celle de ses élèves ; le personnage est d'une distraction-étourderie inhabituelle, et son expression orale, elle aussi, d'une réelle complexité (pour ne pas dire abstraction absconde) avant que son interlocuteur ait compris-saisi sa pensée (alors la dimension pédagogique est stupéfiante)... Première œuvre significative : "Prometheus" (1967, sextuor à vent), "Sonatas" (1968, quatuor à cordes, une longue -42 minutes- errance discursive avec fausses répétitions, en un jeu savant de déconstruction de dizaines de vignettes sonores). Instrument pratiqué : trompette (et d'autres instruments à vent). Moderniste-Complexe (tendance abstrait). Brian Ferneyhough est un compositeur fondamental, encore peu compris, car sa musique, savante et héritière émancipée de Schoenberg, très précise et d'écriture serrée, paroxystique et antagoniste, est énigmatique et extrêmement complexe, précédée de minutieux calculs ; à la fois dans et hors de la ligne sérielle des années 1950 (en extrapolations), elle est la concrétisation de raisonnements intellectuels (son prénom, brocardé-déformé en «Brain» qui signifie cerveau!), pour construire un matériau à haute densité et forte abstraction et des œuvres souvent courtes, d'une expressivité radicale (et difficiles d'accès), chaotiques en apparence et sublimées par la liberté d'interprétation dans les intensités et les nuances ; sa musique crée la fascination auditive et le plaisir-émotion cérébral (sans envoûtement, sans séduction, sans sentimentalité) ; par son originalité, sa dimension pédagogique, sa notation particulière (graphique, vectorielle), cette musique (et sa théorisation) devrait produire des nouvelles vagues de style dans le futur… Pièces emblématiques : "Funérailles I et II" (1969, pour harpe et septuor à cordes), "Cassandra's Dream Song" (1970, pour flûte solo, longtemps réputée injouable), "Unity Capsule" (1976, pour flûte, avec effet masque de la voix), "Time and Motion Study I, II, III" (1971-1977, clarinette solo, violoncelle et électronique, chœur, percussion et électronique), "Lemma-Icon-Epigram" (1981, pour piano, superbe et d'une phénoménale complexité), "Carceri d'Invenzione" (1982-1988, un cycle de 8 pièces pour diverses flûtes, solo ou avec ensemble, non écouté en concert), "Etudes transcendentales" (1985, pour quintette, non écoutées en concert), "La Chute d'Icare" (1988, pour clarinette et ensemble), Quatuor n°4 (1990, avec soprano, en prolongement du n°2 de Schoenberg, une célébration complexe, apparemment incohérente), "Terrain" (1992, pour violon et ensemble à vents, en prolongement d' "Octandre" de Varèse), "On Stellar Magnitudes" (1994, en prolongement du "Pierrot Lunaire"), Trio à cordes (1995, en prolongement de l'opus 45 de Schoenberg, d'une jubilatoire intelligence), Quatuor n°5 (2006, ascèse inventive, où les premières cellules rythmiques, brèves, deviennent prééminentes en s'allongeant).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1976 Unity Capsule (flûte) [33 ans] Flûte. Une œuvre fascinante, d'une grande exigence ascétique, avec une originalité : la flûte est jouée avec effet masque de la voix ; de plus sa difficulté technique est époustouflante : le soliste doit littéralement sculpter le son (jusqu'à 18 notes en une seconde) ; la pièce est en pratique inexécutable à 100% (physiologiquement : au ralenti, c'est faisable mais aux tempos écrits et avec un mode d'attaque spécifique pour chaque note, cela devient impossible... reste la synthèse via l'ordinateur comme pour, dans un registre très différent, Nancarrow) ; cependant, même imparfaitement interprétée la pièce dégage une puissance d'inspiration rare (et il faut avoir eu la chance de l'avoir écoutée en concert distinctement visitée par des instrumentistes différents, en fonction de leurs propres limites et de leurs choix esthétiques et psychologiques) pour l'apprécier comme un gemme à multiples facettes [création : Mars 1976, Festival de Royan (France)]... de la même veine, "Cassandra's Dream Song" (1970), pour flûte solo également, encore plus difficile d'accès. 17 xxx ++
1990 Quatuor n°4 (quatuor à cordes, soprano) [47 ans] Cordes-Voix. Une œuvre inhabituelle et non conformiste par l'alternance des mouvements avec ou sans la voix, la dislocation du texte chanté (Cantos d'Ezra Pound, «déconstruits» par Jackson MacLow) ; par exemple, le 3ème mouvement, au ton badin, commence par un duo alto violoncelle, se diffuse dans le quatuor instrumental, pour finir en solo de premier violon ; le 4ème mouvement, avec le grand solo de la soprano, comprend une cadence autonome pour se terminer par un unisson des 4 instumentistes, en une interrogation suspendue ; une pièce très réussie et fascinante qui illustre bien la complexité selon ce compositeur, c'est-à-dire réelle sur le plan intérieur (avec écriture compliquée et exécution difficile pour les instrumentistes) et iréelle sur le plan extérieur (et une certaine non-complexité pour l'auditeur, pris dans le vertige d'un univers sans limite ni lignes de fuite) [création : 23 Octobre 1990, à Bâle (Suisse)]. 20 xxxx ++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours]

légendeNé le 16 Janvier 1943

M.A.J.-Actus : 2009/11/12.
Création de "Chronos-Aion" pour ensemble, le 18 Octobre 2008, à Donaueschingen ; création Française du quatuor n°5, "Les Labyrinthes" en Décembre 2006 (réussie) ; pas de site Internet personnel, dommage

 

Actualisation de la page : 02-Juin-2010

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2010 Pour retourner à la page d'accueil: Bienvenue !
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