| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Luc Ferrari [1929, France (Paris) - 2005, Italie (Arezzo), décédé à 76 ans] est un musicien à part, car un personnage non conformiste (par exemple, ses nombreuses fausses biographies), provocateur (à l'instar d'Erik Satie), faussaire (au sens positif de l'accaparement), et d'origine Corse (farouchement indépendant, même rebelle à toute norme) ; après des études musicales avec Alfred Cortot, Arthur Honegger et Olivier Messiaen (et une rencontre capitale à New York avec Edgard Varèse), il fréquente à partir de 1952 les sessions annuelles de Darmstadt et découvre la musique électronique avec Karlheinz Stockausen à Cologne et la musique concrète (bruits enregistrés) avec Pierre Schaeffer en France, puis collabore à la création du Groupe de Recherches Musicales (GRM) en 1958, jusqu'en 1966 (rupture fracassante) ; alors, il s'implique dans la Radio Française, et, de 1964 à 1982, travaille successivement en Suède (Stockholm), en Allemagne (Cologne) et en France (Amiens et Pantin) ; comme Pierre Henry (autre indépendant en rupture avec le GRM), il monte son propre studio en 3 étapes (1972, le studio Billig, modeste atelier; 1982, co-fondation de l'Association La Muse en Circuit; 1996, home-studio Atelier post-billig) ; à partir de 1998, il découvre l'univers des DJ (Disc Jokeys) expérimentaux et leur potentiel en matière de compositions et touche à l'improvisation collective. Site Internet : www.lucferrari.org... Première œuvre significative : "Und so weiter" [Etcetera] (1966, pour piano et bande). Instrument pratiqué : piano. | Electroacoustique-Mixte. Luc Ferrari est un compositeur libre et différent, moins en raison de ses excentricités iconoclastes (également dans les titres de ses pièces) que par son univers très intuitif, à la fois séducteur et provocateur, hors Institutions ; il a exploré de multiples nouveaux horizons pour la musique acousmatique (concrète et électronique), ayant très tôt compris le potentiel de la bande magnétique pour capter/mémoriser toutes sortes de bruits, de voix, de rumeurs réalistes, au point de mettre en péril le concept même de musique, sans exclure les incursions dans la musique électroacoustique (c-à-d, instrumentale incluse) ; il a toujours été attiré par la représentation (sens du réel et de l'éphémère), notamment avec le théâtre musical et la musique mise en scène (souvent virtuelle comme dans ses pièces radiophoniques ou «Hörspiel», reportages musicalisés, mi-radio mi-musique, ou ses bandes mélangeant bruits quotidiens et scènettes) ; parmi les compositeurs de musique savante, il est l'inventeur du field recording (enregistrement sur le terrain qu'il nomme «musique anecdotique», avec un magnétophone à bande «emprunté»), dans sa démarche globale d'insatiable sculpteur de sons (bruits compris) ; son style, teinté d'humour, est insaisissable, toujours inattendu, pluridisciplinaire et assimilateur, l'entraînant à explorer tout (et parfois n'importe quoi), à manipuler les sons (y compris instrumentaux), avec singularité, poésie, sensualité, variété sans fin ; ses pièces ont toutes la particularité rare de raconter une histoire… Pièces emblématiques (dans un catalogue abondant, encore incomplètement fixé): "Tautologos I, II" (1961, musique électronique, puis concrète, répétitive), "Hétérozygote" (1964, acousmatique), "Presque Rien I" (1969, sons mémorisés, avec des bruits de la nature), "36 Enfilades" (1985, pour piano et magnétophone), "Labyrinthe Hôtel" (1990, opéra de chambre), "Symphonie déchirée" (1998, pour ensemble et bande). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1998 | Symphonie déchirée (17 musiciens et bande) [69 ans] | Ensemble-Sons Mémorisés. Une musique étrange et dérangeante, comme toutes les œuvres de Ferrari, mêlant l'acoustique simple et les sons amplifiés et mémorisés (commentaires parlés en voix-off en Allemand, Français), en 8 mouvements ; au début, un piano sensuel avec une bande de sons de la rue, puis un ensemble jouant une musique quasi immobile, planante, aux changements subtils, d'une couleur crépusculaire, qui s'anime peu à peu ; au milieu, une danse chaloupée au piano, répétitive, ludique ; enfin, un kaléidoscope de passages, inventifs, semblant sans queue ni tête (terminé presque par hasard) ; une pièce inspirée, avec toutefois un fourbi anecdotique (commentaires) et ésotérique, qui avec le recul paraît un peu vain [création : Septembre 1998, au Festival Musica de Strasbourg (France)]. | 65 | xx | ++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 5 Février 1929
M.A.J.-Actus : 2009/05/03. | Mort le 22 Août 2005 ; plusieurs hommages posthumes, avec l'INA-GRM, en 2006 et 2007 (il reste à rejouer ses œuvres purement électro-acoustiques pour apprécier la portée de chacune), puis quasi plus rien ; hommage Internet par ses amis, avec nouvelle URL |
Actualisation de la page : 10-Juin-2010 |