| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Jonathan Harvey [1939, Angleterre (Sutton Colfield, Warwickshire) - ] est d'abord choriste au Saint Michael College de Tenbury, de 1948 à 1952, puis à Reptonn de 1952 à 1957 (selon la tradition Anglaise, notamment dans les collèges), avant d'entrer à l'Université Saint John de Cambridge (Ph.D. en 1964) ; il s'inscrit à un Post-Doc à l'Université de Glasgow, tout en jouant comme violoncelliste au BBC Scottish Symphony Orchestra ; dès la fin de ses études à plein temps, il commence une carrière d'enseignant à l'Université de Southampton (1964 - 1977) ; de 1969 à 1970, il est chargé de cours à l'Université de Princeton, aux USA (où il rencontre brièvement Milton Babbitt), puis, à partir de 1980, il travaille activement à l'Ircam, et parallèlement, il est professeur de Musique à l'Université de Sussex, Angleterre, pendant 18 ans (1977-1993), jusqu'à son départ en retraite ; tout en continuant ses activités ponctuellement à l'Ircam, il est compositeur associé à l'Université de Stanford en Californie (1995 - 2000), puis au BBC Scottish Symphony Orchestra (2005 - 2008) ; le personnage est doux, calme, posé et ouvert, et aussi dans les conversations d'un sérieux et d'une simplicité déconcertants et d'une curiosité insatiable, y compris pour les considérations technologiques ; sa quête mystique et spirituelle (sereine) est un des fondements de sa vie (son fils Dominic a été incrit dans le chœur de la cathédrale de Winchester, ce qui a été un stimulus supplémentaire). Site Internet (en Anglais) : www.vivosvoco.com... Première œuvre significative : "Cantata IV, Ludus Amoris" (1969, pour voix et orchestre). Instrument pratiqué : piano, violoncelle, voix (choriste). | Moderniste-Mixte. Jonathan Harvey est un compositeur important dont le style s'apparente initialement au courant spectral (selon Scelsi-Murail), au dodécaphonisme, puis au post-sériel et à l'électroacoustique, suite à 6 rencontres essentielles, avec Erwin Stein et Hans Keller (1957 - 1958, disciples de Schoenberg), avec Milton Babbitt (1969, dodécaphonisme, informatique musicale), avec Karlheinz Stockhausen (1966, à Darmstadt), avec Tristan Murail, et avec l'Institution Ircam (bande magnétique, électronique live, spatialisation) ; l'influence des écrits religieux et mystiques féconde aussi son inspiration : les textes Bouddhistes, la Bible, Steiner ; sa musique est très personnelle, avec une transparence de la texture sonore et une grande flexibilité (ductibilité) formelle, avec des polyphonies lisses, claires, souvent linéaires et doucement incandescentes, dans lesquelles l'Orient (et notamment l'Inde), la spiritualité, le vocal et l'électroacoustique tiennent une place privilégiée, et avec un sens du rythme unique (souvent comme une parenthèse ou bien perçu comme de l'intérieur) … Pièces emblématiques (sur un catalogue de plus de 60, inégal) : "Inner Light I, II, III [Lumière Intime]" (1973-1977, pour ensemble ou orchestre, et/ou voix, et bande), "Hymn" (1979, pour chœur et ensemble, non écouté en concert), "Mortuos Plango, Vivos Voco [Je pleure les morts, j'appelle les vivants]" (1980, électronique sur 8 pistes, avec hybridation entre 2 matériaux, les cloches et la voix d'enfant), "Bhakti" (1982, pour ensemble et bande, une méditation spirituelle), "Madonna of Winter and Spring [La Madone de l'Hiver et du Printemps]" (1986, pour orchestre, synthésizeurs et électronique, une voix célecte dans un halo lumineux), "Valley of Aosta" (1989, pour ensemble, d'après une peinture de Turner, inhabituellement violente et tourmentée), Concerto pour violoncelle (1990, élégiaque et spirituel, à partir de matériaux du 2ème opéra "Inquest of Love", concomittant), "Scena" (1992, non écouté en concert), "Mothers shall not Cry" (2000, cantate syncrétique, non écoutée en concert), Quatuor n°4 (2003, avec électronique live, un des quatuors électroacoustiques les plus étonnants), "Wagner Dream [Rêve de Wagner]" (opéra, 2007, originalement mettant en parallèle scénique Wagner et les débuts de Bouddha). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1980 | Mortuos Plango, Vivos Voco (bande) [41 ans] | Electroacoustique (sons concrets traités par ordinateur, sur 8 pistes, avec hybridation entre 2 matériaux, les cloches et la voix d'enfant). Nourri des chœurs polyphoniques des cathédrales Anglaises, l'assemblage est un mélange des voix séraphiques de choristes Anglais (enregistrement de Dominique, le fils du compositeur, qui a été choriste à la cathédrale de Winchester, de 1975 à 1980 et chante le texte du titre) et les sons de la grande cloche noire de la cathédrale de Westminster (sur laquelle est inscrite la mention du titre : «Horas avolantes numero mortuos plango : vivos ad preces voco» [Je compte les heures qui s'enfuient, je pleure les morts : j'appelle les vivants à la prière]) ; la pièce commence par un choral de la cloche avec la voix en sourdine, puis le signal est déformé, avec dispositif d'écho renforcé et s'amorce un onirisme d'une grande beauté (éthérée)... et au fur et à mesure de l'avancement, la fusion des 2 sources est de plus en plus marquée ; techniquement, le langage utilisé est spectral avec, pour les 8 sections de l'œuvre, les 8 principaux partiels les plus bas et des accords construits à partir d'un répertoire de 33 partiels et dles modulations entre les différentes zones du spectre effectuées par des glissandi ; une des rares musiques entièrement électroniques (sons fixés) qui a peu vieilli au cours du temps [création : 30 Novembre 1980, au Festival de Lille (France)]. | 9 | xxxx | +++++ |
| 1982 | Bhakti (15 musiciens et bande) [43 ans] | Ensemble-Bande (bois par un, soit 1 flûte, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 clarinette basse, 1 cor Anglais, 1 trompette, 1 trombone, 1 à 2 percussions, et piano, harpe, 3 violons, alto, violoncelle). Une œuvre moderne, à la fois polyphonique et contrapuntique, marquée par une forme symétrique en 12 parties (annotées par des hymnes Védiques, le nom signifiant dévotion, en Sanskrit), parfois enchaînées, parfois séparées par une courte pause : ouverture sous forme de variations «sur une seule note» (à l'instar de Scelsi), suivie de 11 parties très variées (parfois contemplative, parfois dramatique) avec ou sans intervention de la bande magnétique (alors en fragments brefs) et dans chacune desquelles le maître mot est mélange (de l'imaginaire et du réel), jusqu'au glissement progressif vers un climax final ; une sorte de panorama très réussi des possibilités de l'ensemble instrumental amalgamé avec l'électronique, aux couleurs subtiles, avec une grande finesse poétique et... une touche de spectral [création : 2 Décembre 1982, Ircam, à Paris (France)]. | 54 | xxxx | ++++ |
| 2007 | Wagner Dream (opéra de chambre) [68 ans] | Opéra chambre (22 instrumentistes, 7 chanteurs solistes, 3 acteurs, 6 choristes et électronique live). Un livret malin (il vaudrait mieux parler de scénario ici, tant l'auteur, Jean-Claude Carrière, a baigné dans le cinéma), juxtaposant un rêve-obsession de Wagner (d'où le titre) pour son dernier opéra (réellement ébauché) et un vécu-drame, celui des dernières heures (au ralenti) de la vie réelle de Wagner à Venise (mi-comateux après un infarctus, joué par un acteur)... le premier relatant la jeunesse (amoureuse et initiatique) de Bouddha en Inde avec les chanteurs, le second avec des acteurs qui jouent, en parlant, le drame ultime, les uns inter-agissant parfois avec les autres, comme dans un monde d'en haut et un monde d'en bas ; un sujet mêlant habilement la mode-curiosité d'aujourd'hui (l'Inde, ses Dieux, ses prêtres, ses castes), les attirances de Wagner pour les femmes (son épouse vieille qui l'aime, la jeune musicienne-fan qu'il aime à la limite de l'adultère), le bien et le mal, le pouvoir et l'argent, et en parallèle en Inde, des dimensions semblables comme l'amour impossible (sauf sacrifice final), les rigidités de la religion (sans femme disciple, avec les intouchables), la métempsycose et la vie qui se répète ; une ligne chantée d'une grande diversité, avec de grandes (et difficiles) voix solistes et choristes ; un orchestre limité à une douzaine d'instrumentistes en même temps, sur-multiplié (et mis en espace) grâce à l'électronique live (comme avec un effectif 10 fois plus imposant), ce qui donne une musique somptueuse qui irise les solistes vocaux et le -petit- chœur (d'une grande pureté et plénitude), et avec des interludes (pas de prélude) purement orchestraux et une séquence apocalyptique de malédiction splendides ; la musique juxtapose le tournoiement de courts événements sonores (chaînes mélodiques), le contraste saisissant par la brutalité du réel et des passions, la musique Hindoue plus apurée (à la flûte, avec l'électronique)... et des réminiscences symboliques (un lied de Schubert en sourdine, l’accord de Tristan, des murmures façon Palestrina, etc.) ; un ouvrage reflet d'une quête spirituelle au moment de quitter la vie (avec les souvenirs et les tentations) qui mêle le mythe et l'universalité [création : 28 Avril 2007, au Grand Théâtre, Luxembourg, et 23 Juin 2007, en création Française pour Agora (avec mise en espace seulement), au Théâtre des Amandiers de Nanterre (France)]. | 95 | xxx | ++++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 3 Mai 1939
M.A.J.-Actus : 2010/06/14. | Création Française de "Speakings" à Paris, le 12 Juin 2010 (en-deçà) ; création de "Sringara Chaconne" pour petit ensemble, le 16 Mai 2009, à Marseille ; reprise des "Chants de la Madonne" pour Agora le 5 Juin 2008, tandis que la création de "Speakings" pour un orchestre parlant est reportée à Août, mais pour les Proms à Londres ; 24 Juin 2007, création de l'opéra "Wagner Dream" dans le cadre du festival Agora 2007... une grande réussite |
Actualisation de la page : 14-Juin-2010 |