Adams | Adès | Amy | Andre | Babbitt | Bacri | Barber | Barraqué | Bayle | Bedrossian | Benjamin | Berio | Bernstein | Birtwistle | Boesmans | Boucourechliev | Boulez | Britten | Cage | Campana | Carter | Cavanna | Chostakovitch | Chowning | Connesson | Copland | Crumb | Dalbavie | Dallapiccola | Dao | Denisov | Dillon | Durieux | Dusapin | Dutilleux | Éloy | Eötvös | Escaich | Fedele | Feldman | Fénelon | Ferrari | Ferneyhough | Ginastera | Glass | Goeyvaerts | Górecki | Greif | Grisey | Harvey | Henry | Henze | Holliger | Huber | Ingólfsson | Jolas | Jolivet | Kagel | Kurtag | Lachenmann | Levinas | Ligeti | Lindberg | Lutoslawski | Machover | Maderna | Manoury | Mantovani | Maresz | Messiaen | Monnet | Murail | Nancarrow | Nono | Nunes | Ohana | Pablo | Pärt | Parmégiani | Partch | Pécou | Penderecki | Pesson | Poulenc | Pousseur | Radulescu | Reich | Rihm | Riley | Risset | Robin | Saariaho | Scelsi | Schaeffer | Schnittke | Schoeller | Sciarrino | Stockhausen | Stravinsky | Takemitsu | Tanguy | Tippett | Ullmann | Varèse | Vivier | Wessel | Xenakis | Young | Zimmermann |



* HEINZ HOLLIGER (1939 - 71 ans), Suisse

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Heinz Holliger [1939, Suisse (Langenthal) - ] (prononcer «holigueur») étudie aux Conservatoires de Berne et de Bâle (avec le Hongrois Sandor Veress pour la composition) de 1955 à 1959, puis au Conservatoire national de Paris il étudie le hautbois avec Émile Cassagnaud et Pierre Pierlot, le piano avec Yvonne Lefébure (1962-1963), et enfin, il suit les cours de composition de Pierre Boulez à Bâle ; en tant qu'interprète à succès, il suscite (et finance) de nombreuses œuvres nouvelles pour le hautbois (Berio, Carter, Ligeti, Ferneyhough, Lutoslawski, etc.). Site Internet (en Anglais) : www.heinzholliger.com... Premières œuvres significatives (toutes brèves) : "Drei Liebeslieder" (1960, pour alto et orchestre), "Dörfliche Motive" (1961, pour soprano et piano), "Elis" (1961, pour piano). Instruments pratiqués : hautbois (concertiste), piano. Moderniste-Complexe (radical). Heinz Holliger est un musicien, compositeur, chef d'orchestre et hauboïste-concertiste, de l'extrême, avec une écriture dépouillée, mais radicale (déchirure, souffrance, agonie dans des contrastes lyriques) ; sa musique est toujours difficile d'accès par son ascétisme, sa rigueur d'écriture, sa tension, et son éloignement de toute forme de mélodie séduisante (sonorités inouïes) ; elle est cependant captivante par sa sur-expressivité, par une aptitude unique à la respiration, si fondamentalement liée à la pratique instrumentale du compositeur, et elle prend ses racines dans le Romantisme et l'Expressionnisme, tout en revendiquant un modernisme fort (pas de retour au passé, pas ou peu de néo-tonal, usage permanent des technologies, tendance vers la tension extrême), avec une poétique de la résistance intérieure, subtile, souvent fulgurante (voire visionnaire, au sens premier du terme) ; son style est caractérisé par des éléments contraires très gestuels qui ne fusionnent pas dans le tout, mais coexistent, créant des tensions expressives sans résolution qui se prolongent au-delà de l'œuvre elle-même (un peu à l'instar de Klaus Huber ou Brian Ferneyhough) ; les instruments sont toujours utilisés dans leurs possibilités les plus étendues, au-delà même des limites habituelles (sans aller jusqu'aux limites des saturateurs)… Pièces emblématiques : "Pneuma" (1970, pour vents, percussions, orgue et radios, aux actions simultanées de jeu instrumental, de chant, de fredonnement, de chuchotement), "Cardiophonie" (1971, pour hautbois et 3 magnétophones), "Psalm" (1971, pour chœur), Quatuor à cordes (1973, brillant et difficile), "Atembogen" (1975, pour orchestre), "Scardanelli-Zyklus" (1975-1985, 1991-1993, pour flûte solo, petit orchestre, chœur et bande, un monument), "Beseit" (1990, 12 lieder d'après Robert Walser), Concerto pour violon "Hommage à Louis Soutter" (1995 -et 2002 pour le 4ème mouvement ajouté-, original avec un 2ème mouvement obsessionnel et envoûtant), "Schneewittchen" (1998, opéra sur Blanche-Neige, non écouté), Concerto pour alto "Recicanto" (2002, avec orchestre de chambre, non écouté en concert).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1985 Scardanelli-Zyklus (flûte solo, petit orchestre, chœur et bande) [46 ans] Flûte concertante (ensemble, chœur, bande). Sur des poèmes de Hölderlin, ce cycle de chants pour chœurs mixtes très original, souvent à la limite du grouillement figé, a été composé en plus de 10 ans (en outre, révisé-étendu en 1993), comme un journal ; une pièce unique à la fois froide et figée et d'une grande complexité (de nombreux canons, par tons, puis decrescendo, par demi-tons, quarts de ton, huitièmes de ton, comme une musique qui se rétracterait, des symétries de tous types, des rétrogradations sans fin, comme une musique qui s'immobiliserait dans le temps, pour aboutir à une perte quasi-totale de substance, de matérialité)… une réussite très difficile d'accès et un testament avant la lettre [création : 18 Octobre 1985, au Festival de Donaueschingen (Allemagne)]. 160 xxxx +
1995 Concerto pour violon "Hommage à Louis Soutter" (violon et orchestre) [56 ans] Violon Concertant-Orchestre (avec 3 autres instruments solistes, harpe, cymbalum et marimba et un petit orchestre de 45 musiciens). Un portrait dédicace bouleversant pour le peintre-graphiste Suisse de l'Art Brut, Louis Soutter (né en 1871, mort dans un quasi anonymat en 1942), également violoniste, élève de Ysaÿe et membre de l'orchestre de la Suisse Romande, auteur de milliers de dessins d'une extrême originalité (aventureux), après son enfermement (contre son gré, par sa propre famille) dans un hospice pour vieillards, de 1923 à sa mort ; le violon, traité comme un personnage qui se projette à l'intérieur de l'orchestre, avant d'être happé par lui (une métaphore de l'existence de Soutter), est entouré d'un premier cercle de 3 instruments co-solistes, puis par un orchestre structuré en groupes de timbres homogènes formant des sortes de chœurs instrumentaux ; les 4 sections sont enchaînées sans interruption et elles sont disproportionnées en terme de durée ; la 1ère section, "Deuil", est courte, élégiaque, chantante, expressive, ample et gestuelle (4 minutes), le violon dialoguant avec les solistes avec une citation transformée du thème de la Sonate pour violon solo n°3 d'Ysaÿe (référence à un tableau que Soutter a peint dans sa jeunesse qui représente sa sœur après la mort de leur père) ; la 2ème section, "Obsession", double de durée, enclenche d'emblée une véritable compulsion qui à force d'insistance devient vertigineuse, inventive et sur-expressive (jeu d'ombres, de vitesse) ; c'est une pure merveille avec des ostinatos envoûtants et obsessionnels sans fin (jusqu'au vertige) pour un violon sur-expressif et rocailleux, virtuose, et mono-maniaque, fondé sur des réitérations, des figures rythmiques irrégulières, avec en perspective le «Dies Irae» (à l'instar de la sonate n°2 d'Ysaÿe), comme une prémonition de l'apocalypse ; les 2 dernières sections sont égales en durée, chacune double de la 2ème ; la 3ème section, "Ombres", quasiment hantée au début (en référence à une toile de Soutter intitulée «Danse et Ombres»), est d'abord un adagio dans lequel la matière sonore se raréfie et où s'opposent deux types d'écriture très contrastés, avec soliloque d'éléments précédents ; les instruments à vent entonnent une sorte de choral très doux, tandis que les cordes déploient des accords et des figurations en harmoniques (puis de longues sections en trilles), et à ces textures raffinées s'opposent des figures répétitives, fortement caractérisées rythmiquement, et qui culminent dans un finale violent, figé sur des gestes obsessionnels (emballement-pause) joués fortissimo (avec une écriture brillante et originale, en tournoiements ou en rituel syncopés ou des fortes évanescences) ; à la fin, le violon solo est confronté à la seule percussion ; l'écriture en accords, les effets de clair-obscur, le caractère tragique de cette 3ème section font référence aux toiles que Soutter a peint directement avec les doigts ; la 4ème section (ajoutée en 2002) "Epilog", s'inspire d'un tableau intitulé ; elle commence comme une méditation lugubre distendue ; une virtuosité qui n'est pas seulement liée à la rapidité d'exécution et à l'exubérance du jeu, y compris dans les passages les plus frénétiques ou les plus ludiques, mais aussi (et surtout) à la qualité et au contrôle des sonorités (souvent inouïes), des articulations mélodiques et rythmiques [création : 16 Novembre 1995, à Lausanne (Suisse), 9 Novembre 2002 (extension), à Heidelberg (Allemagne)] 45 xxxx ++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours]

légendeNé le 21 Mai 1939

M.A.J.-Actus : 2008/12/31.
Bien joué en Suisse pour son 70ème anniversaire en Mai 2009 ; reprise de "Six Lieder sur des poèmes de Christian Morgenstern" le 16 Septembre 2008, au TCE à Paris ; globalement, peu joué en France (beaucoup en Suisse et en Allemagne)... dommage !

 

Actualisation de la page : 09-Février-2010

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2010 Pour retourner à la page d'accueil: Bienvenue !
Retour Haut de page