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* HELMUT LACHENMANN (1935 - 76 ans), Allemagne

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Helmut Lachenmann [1935, Allemagne (Stuttgart, Rhénanie) - ] (prononcer «lareunnmane») étudie la musicologie au Conservatoire de Stuttgart (piano et contrepoint, notamment), puis étudie la composition avec Luigi Nono (1958-1960) à Venise, et la musique électronique avec Karlheinz Stockhausen (1963-1964) à Cologne, après cette double rencontre aux cours de Darmstadt en 1957 (sa 1ère participation), et surtout à l'Institut IPEM de Ghent (Hollande) en 1965 ; avant "Notturno" (1968), il est passablement sériel, et à partir des années 70, il perce véritablement avec une esthétique novatrice et révolutionnaire (à l'époque), pour devenir une sorte de «gourou» en Allemagne et un prophète pour les compositeurs de la génération née après 1970 ; très tôt, il enseigne la composition à la Musikhochschule de Stuttgart (1966-1970), puis à Ludwigsburg (1970-1976), à Bâle (1972-1973), à Hanovre (1976-1981), et à nouveau à Stuttgart (1981-1999) ; avant sa retraite professionnelle et après, il a conduit des séminaires dans toutes les parties du monde (par exemple, en 2009, à Harvard) ; le personnage est certes un musicien à part, mais aussi un penseur (complètement engagé contre la société de consommation) et un provocateur, et beaucoup de ses pièces se sont soldées par un scandale à leur création ; son épouse Japonaise, Yukiko Sugawara-Lachenmann, est pianiste... Première œuvre significative : "Souvenir" (1959, pour 41 musiciens, influencé par Luigi Nono), "Intérieur" (1966, pour percussions seules, considéré par le compositeur comme son véritable opus 1). Instrument pratiqué : piano. Inclassable-Original (tendance dé-structuration). Helmut Lachenmann est peut-être l'un des 10 plus importants de la Musique Contemporaine, en tout cas un pionnier original majeur et un musicien radical, engagé dont la place objective comme créateur est difficile à évaluer aujourd'hui ; son esthétique est dite «concrète instrumentale» («Klangrealismus», acoustique plutôt que musique, grammaire plutôt que plaisir auditif, matériau plutôt que structure ou agencement, provocation par dé-structuration ou dé-naturation plutôt que progressisme, art du refus de la beauté sonore) pour laquelle les bruits, et non les sons, générés par les instruments, ont une grande place ; il a ainsi développé une palette d'une inépuisable richesse quant aux gradations entre le son et le bruit, sans pour autant travailler à leur fusion et à leur lissage : le résultat (rien moins qu'étrange) est jugé subjectivement par l'auditeur soit comme transcendant (et génial), soit comme inutilement provocateur (bruitiste)... et l'objectivité n'est éventuellement possible que dans ses chefs d'œuvre, encore mal diffusés en France ; une autre dimension (également subversive) de son style consiste en la dé-naturation de genres musicaux établis ("Gran Torso" pour le quatuor à cordes, ou bien son unique opéra), en tant que nouvelle approche conceptuelle (fascinante... mais sans proposition alternative), parallèlement -plus radicalement, mais sans l'humour- à Mauricio Kagel ; sa musique paraît hachée, éclatée, irisée, avec une rythmique motrice (selon les dires du compositeur, avec provocation : seulement des valses ou des marches), insolite, toute en grincements, crissements et craquements, avec des modes de jeu non traditionnels et souvent dans le registre de l'infime et de l'impalpable (d'où amplification obligatoire)… Pièces emblématiques (sur un catalogue rare de près de 60, d'une haute valeur générale) : "Notturno" (1968, violoncelle et petit orchestre), "Air" (concerto pour percussions et orchestre, 1968, innovant et fragile), "Gran Torso" (1972, quatuor à cordes n°1, décapant, un must difficile et une étape majeure pour le genre quatuor), "Accanto" (1976, avec un collage-citation de Mozart), "Tanzsuite mit Deutschlandlied" (1980, pour orchestre et quatuor à cordes, non concertant, une brillante mise en abîme de la danse), "Mouvement - vor der Erstarrung" (1984, pour ensemble), "Reigen seliger Geister" (1989, quatuor à cordes n°2, quasi-lyrique), "... Zwei Gefühle..., Musik mit Leonardo" (1992, pour récitant et ensemble, non écouté en concert, ré-incorporé dans son opéra), "Das Mädchen mit den Schwefelhölzern" (opéra, 1997, une grande réussite), "Grido" (2001, quatuor à cordes n°3, fascinant d'inventivité, étendu à l'orchestre à cordes en 2004).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1969 Air (percussions et orchestre) [34 ans] Percussions (concertantes)-orchestre. Une pièce innovante pour l'époque faisant intervenir 1 percussionniste soliste (avec divers instruments) dialogu.. . .. . suite | .. . plus (avec portrait compo) 20 xxx +++
1972 Quatuor à cordes n°1 Gran Torso (2 violons, alto, violoncelle) [37 ans] Quatuor-Cordes. Une pièce décapante qui a marqué une étape clé du quatuor à cordes contemporain : au lieu de partir du son (ou de la note), il part de.. . .. . suite | .. . plus (avec portrait compo) 24 xxxxx +
1976 Accanto (clarinette et orchestre) [41 ans] Clarinette concertante. L'œuvre dans laquelle le collage-citation est le plus apparent (le Concerto K. 622 de Mozart), à la fois reconnaissable et dés.. . .. . suite | .. . plus (avec portrait compo) 27 xxx ++
1980 Tanzsuite mit Deutschlandlied (quatuor et orchestre) [45 ans] Orchestre (petit). Littéralement, une suite de danses avec un hymne Allemand (cité, presque méconnaissable en intro) ; cette œuvre donne au quatuor un.. . .. . suite | .. . plus (avec portrait compo) 36 xxxxx ++
1997 Das Mädchen mit den Schwefelhölzern (opéra) [62 ans] Opéra théâtre (2 sopranos, chœurs, grand orchestre, bandes). L'œuvre qui a obsessionnellement occupé l'esprit de Lachenmann entre 1975 et sa création,.. . .. . suite | .. . plus (avec portrait compo) 121 xxxx ++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets]

légendeNé le 27 Novembre 1935

M.A.J.-Actus : 2010/06/14.
Reprise de "Nun" pour flûte, trombone, orchestre et voix d'hommes, le 12 Novembre 2010, à Pleyel ; reprise de "Zwei Gefühle" au Festival d'Automne 2008 ; creation de "Got Lost" le 24 Avril 2008, à Munich, pour soprano, piano et ensemble ; un site Internet officieux et plein d'esprit (mais hélas inactif depuis Octobre 2008), pas de site Internet personnel, dommageConseil-découverte : "Mouvement - vor der Erstarrung" (1984, pour ensemble)

Conseil-approfondissement : "Tanzsuite mit Deutschlandlied" (1980, pour orchestre et quatuor à cordes)

 

Actualisation de la page : 5-Février-2011

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2011 Pour retourner à la page d'accueil: Bienvenue !
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