| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Helmut Lachenmann [1935, Allemagne (Stuttgart, Rhénanie) - ] (prononcer «lareunnmane») étudie la musicologie au Conservatoire de Stuttgart (piano et contrepoint, notamment), puis étudie la composition avec Luigi Nono (1958-1960) à Venise et avec Karlheinz Stockhausen (1963-1964) à Cologne, après leur rencontre aux cours de Darmstadt en 1957 ; avant "Notturno" (1968), il est passablement sériel, et à partir des années 70, il perce véritablement, pour devenir une sorte de «gourou» en Allemagne, car le personnage est un penseur provocateur et beaucoup de ses pièces se sont soldées par un scandale à leur création.... Première œuvre significative : "Souvenir" (1959, pour 41 musiciens). Instrument pratiqué : piano. | Inclassable-Original (tendance dé-structuration). Helmut Lachenmann est peut-être l'un des 10 plus importants de la Musique Contemporaine, en tout cas un pionnier original majeur et un musicien radical, engagé dont la place objective comme créateur est difficile à évaluer aujourd'hui ; son esthétique est dite «concrète instrumentale» («Klangrealismus», acoustique plutôt que musique, grammaire plutôt que plaisir auditif, matériau plutôt que structure ou agencement, provocation par dé-structuration ou dé-naturation plutôt que progressisme, art du refus de la beauté sonore) pour laquelle les bruits, et non les sons, générés par les instruments, ont une grande place ; il a ainsi développé une palette d'une inépuisable richesse quant aux gradations entre le son et le bruit, sans pour autant travailler à leur fusion et à leur lissage : le résultat (rien moins qu'étrange) est jugé subjectivement par l'auditeur soit comme transcendant (et génial), soit comme inutilement provocateur (bruitiste).. et l'objectivité n'est éventuellement possible que dans ses chefs d'œuvre, encore mal diffusés en France ; une autre dimension (également subversive) de son style consiste en la dé-naturation de genres musicaux établis ("Gran Torso" ou "Grido" pour le quatuor à cordes, son opéra), en tant que nouvelle approche conceptuelle (fascinante... mais sans proposition alternative), parallèlement -plus radicalement, mais sans l'humour- à Mauricio Kagel ; sa musique paraît hachée, éclatée, irisée, avec une rythmique motrice (selon le compositeur, avec provocation, seulement des valses ou des marches)… Pièces emblématiques (sur un catalogue rare de près de 60, d'une haute valeur générale) : "Notturno" (1968, violoncelle et petit orchestre), "Air" (percussion et orchestre, 1968), "Accanto" (1976, avec un collage-citation de Mozart), "Tanzsuite mit Deutschlandlied" (1980, pour orchestre et quatuor à cordes, non concertant), "Mouvement - vor der Erstarrung" (1984, pour ensemble), "... Zwei Gefühle..., Musik mit Leonardo" (1992, pour récitant et ensemble, non écouté en concert), "Das Mädchen mit den Schwefelhölzern" (opéra, 1997), "Grido" (2001, quatuor à cordes n°3). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1976 | Accanto (clarinette et orchestre) [41 ans] | Clarinette concertante. L'œuvre dans laquelle le collage-citation est le plus apparent (le Concerto K. 622 de Mozart), à la fois reconnaissable et déstructuré ; les impulsions ponctuelles et bruitées, comme des restes brisés d'une réserve de processus vibratoires, prolifèrent pour former des champs rythmiques complexes, dont la surface semble trouée de façon irrégulière, créant un effet de morcellement temporaire, qui se consolide peu à peu en des trémolos frénétiques, d'abord à l'orchestre, puis à la clarinette, pour déboucher finalement sur un ostinato pulsé [création : 30 Mai 1976, à Sarrebrück (Allemagne)]... de la même veine de citations, "Staub", dérivé de la 9ème Symphonie de Beethoven (1987), et, de la même veine compositionnelle, "Harmonika" (1983, pour tuba et orchestre) et surtout "Ausklang" (1985, pour piano et orchestre). | 27 | xxx | ++ |
| 1980 | Tanzsuite mit Deutschlandlied (quatuor et orchestre) [45 ans] | Petit Orchestre. Littéralement, une suite de danses avec un hymne Allemand (cité, presque méconnaissable en intro) ; cette œuvre donne au quatuor un rôle inattendu à la fois dans la trame orchestrale et en ressortant (au cours d'intermèdes brefs), et conduisant (le plus souvent) ou subissant le jeu de l'orchestre (l'accompagnant, au sens de la promenade) ; l'accès est difficile, parfois hermétique (le rapport à la danse est réel, mais distancé) ; l'originalité de la démarche se profile après plusieurs écoutes : frottements, silences, éparpillements, découpages, grincements (toute l'essence créatrice fascinante du compositeur), et surtout «déshabillage» de la forme de la danse, pour n'en garder que les rythmes, les ombres portées qui se cristallisent puis qui fuient ; la pièce comprend 5 parties sans interruption, en 17 séquences dont les titres sont éloignés du contenu (valse, marche, sicilienne, gigue, tarantelle, aria, polka, galop, coda, etc.) pour désigner un (faux) confort de la tradition [création : 18 Octobre 1980, au Festival de Donaueschingen (Allemagne)]. | 36 | xxxxx | ++ |
| 1997 | Das Mädchen mit den Schwefelhölzern (opéra) [62 ans] | Opéra théâtre. L'œuvre qui a obsessionnellement occupé l'esprit de Lachenmann entre 1975 et sa création, et pour laquelle il a travaillé (inconstamment) 8 ans, d'après le conte d'Andersen avec en sur-ajout des textes chuchotés de la terroriste suicidaire Allemande Gudrun Ensslin ; une réussite dramatique dans le cadre traditionnel de l'opéra et aussi une dénaturation du genre, sans concession (pour les auditeurs) ; le livret juxtapose donc le charme du conte (si tant est...) avec la violence de la nature, la violence sociale (la misère, le vol de la pantoufle) et le radicalisme de l'incendiaire qui s'approprie le personnage de la petite fille (cauchemar?) ; la musique associe sons et bruits, frémissements et accès brutaux, éparpillements et continuités, chant éclaté, chuchoté ou lointain (comme distancié), avec une grande originalité (ad libitum) [création : 26 Janvier 1997, Staatsoper, à Hambourg (Allemagne), suite à une commande dès 1988]. | 121 | xxxx | ++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 27 Novembre 1935
M.A.J.-Actus : 2010/06/14. | Reprise de "Nun" pour flûte, trombone, orchestre et voix d'hommes, le 12 Novembre 2010, à Pleyel ; reprise de "Zwei Gefühle" au Festival d'Automne 2008 ; creation de "Got Lost" le 24 Avril 2008, à Munich, pour soprano, piano et ensemble ; un site Internet officieux et plein d'esprit (mais hélas inactif depuis Octobre 2008), pas de site Internet personnel, dommage |
Actualisation de la page : 27-Août-2010 |