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* GYÖRGY LIGETI (1923 - 2006), Hongrie

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
György Sándor Ligeti [1923, Hongrie (Dicsöszenmarton -aujourd'hui Tirnaveni-, Transylvanie, naturalisé Américain, puis Autrichien) - 2006, Autriche (Wien), décédé à 83 ans] (prononcer «liguéti») est un double déraciné, Juif pendant la Guerre, puis, non conforme à la doctrine musicale Soviétique pendant la Guerre Froide (accusé de "formalisme") : son véritable départ de compositeur correspond à sa fuite de son pays en 1956 pour rejoindre Darmstadt et Köln en Allemagne, pour s'essayer à la musique électronique, alors qu'auparavant, depuis 1938, son œuvre était marquée par le folklore, le médiéval, ou était destinée à la jeunesse ; à noter que le compositeur a, jusqu'à peu avant sa mort, renié toute sa production d'avant 1956 (qu'il a qualifiée de musique d'exil, par provocation... mais dont il a ré-utilisé certains matériaux dans sa production Occidentale), sauf les quelques pièces ci-après ; le personnage est incontestablement d'une grande sensibilité, d'une maturité incertaine (goût pour l'humour et les bandes dessinés, candide sincérité, attirance pour Topor, Oldenburg, Bosch), d'une indépendance affirmée (en fait plutôt influençable) ; ses influences sont marquées par Machaut, Ockeghem, les rythmes d'Afrique Centrale, les Hongrois (y compris Bartók), etc., et aussi par d'autres compositeurs qu'il salue avec admiration comme Scelsi, Nancorrow, ou par les premiers Minimalistes (dans "Autoportrait avec Reich"), voire avec dérision par John Cage ou l'Avant-Garde sérielle ; son état de santé très déficient sur le plan moteur (jusqu'à être grabataire) a entraîné une considérable réduction de sa production durant la dernière décennie de sa vie... Premières œuvres significatives (avant émigration) : "Concert Românesc" (1951, pour petit orchestre, rapsodie tzigane folklorique, très Bartókienne), Sonate (1953, violoncelle), "Musica Ricercata" (1953, pour piano solo), "Six Bagatelles" (1953, quintette à vent, 6 miniatures avec au moins 2 tubes), Quatuor n°1 "Métamorphoses Nocturnes" (1954, pour quatuor à cordes, séduisant et ludique, justement qualifié de 7ème de Bartók). Instrument pratiqué : piano. Moderniste-Indépendant. György Ligeti est un des 10 compositeurs majeurs de la Musique Contemporaine, mais il se positionne complètement à part dans la création musicale : à l'écart des écoles ou des tendances, touche à tout (y compris à la musique concrète, peu de temps) comme Stravinsky, indépendant (aventurier) et profondément original ; après une belle (mais pas toujours essentielle) première période de langage Bartókien (jusqu'à 1956), sa musique est marquée par un fondu sonore planant (micro-polyphonie ou polyphonie saturée, en trames sonores), par le contrepoint (avec éparpillement des pupitres), et par une recherche sur le son qui a paru absolument révolutionnaire à ses auditeurs des années 60, mais l'est en fait moins - ce qui n'enlève rien à sa beauté et à son inspiration- depuis qu'a été découvert Scelsi ; une autre dimension de sa musique est son ironie, sa dérision qui s'exprime le plus dans "Le Grand Macabre" et "Hungarian Rock"; enfin, à la fin de sa vie, s'amorce un tournant de style (comme chez beaucoup d'autres compositeurs) par un retour partiel à la tonalité et à la mélodie (Trio avec cor, de référence Brahmsienne par ironie envers les post-modernes, Concerto pour Violon, Études de Piano, des œuvres vraiment accessibles), et aussi par des recherches accentuées sur la poly-rythmie (Concerto pour piano, Études), avec un retour aux premières approches anciennes plus simples de type Bartokiennes ou à mouvements d'horloge (métronomes, balancements asynchrones), avec une influence (inattendue) de Conlon Nancarrow... Pièces emblématiques (sur un total d'une cinquantaine, après 1956) : "Glissandi" (pour bande, 1958), "Atmosphères" (1961, pour grand orchestre), "Poème Symphonique" (1962, pour 100 métronomes, une curiosité provocatrice de tendance «Fluxus»), "Aventures et Nouvelles Aventures" (1963-1966, pour voix et ensemble), "Requiem" (1963, pour voix et orchestre), "Lux Aeterna" (1963, pour chœur), Concerto pour violoncelle (1966), "Lontano" (1967, pour grand orchestre), "Continuum" (pour clavecin, 1968, célèbre par son traitement «Rock» de l'instrument), le Quatuor à cordes n°2 (1968, avec un 3ème mouvement innovant), "Kammerkonzert" (1970, pour ensemble, fusion de textures, de rythmes mécaniques détraqués), "Le Grand Macabre" (opéra, 1977), "Hungarian Rock" (1978), "Trio pour Cor" (1982, post-moderne, expressif mais non essentiel), Concerto pour piano et orchestre (1986-1988), Études (piano, 1985-2001), Concerto pour violon et orchestre (1990-1992), Sonate pour alto (1994), "Sippal, dobbal, nadihegedüvel" (2000, pour mezzo-soprano et petit ensemble à vents et percusssion, dernière pièce, non essentielle, mêlant modernisme et retour aux premières sources Hongroises).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1953 Sonate (violoncelle) [30 ans] Violoncelle. Une œuvre d'avant son engagement moderniste, élégiaque dans son premier mouvement et caractérisée d'abord par un miaulement original, comme une interjection suspendue, passionnée dans son deuxième mouvement, avec des frottements et grincements, annonciateurs de futures pièces, pour se terminer dans la méditation et le rappel des miaulements [création (pas d'exécution publique en Hongrie) : 24 Octobre 1983, à Paris (France)]. 11 xx ++++
1953 Six Bagatelles (flûte, hautbois, clarinette, basson, cor) [30 ans] Quintette à vent. Les Bagatelles sont issues de 6 des 11 mouvements de "Musica Ricercata", également de 1953, pour piano solo (composées encore en Hongrie, les 2 œuvres, assez dissonantes, ont été condamnées par les autorités Communistes comme «musique dégénérée» parce qu'elles intègrent des innovations de langage -qui reste modal- par rapport à Bartók ou Stravinsky, notamment par l'emploi d'une note supplémentaire de la gamme chromatique à chacune des 11, dans leur ordre d'apparition) ; ces pièces sont terriblement séduisantes (2 d'entre elles sont devenues des «tubes»), elles utilisent des nouveaux caractères et des timbres inouïs, grâce à l'instrumentarium inhabituel, et elles possèdent en germe certaines idées qui feront le style Ligeti (par exemple, la ponctuation en constant déphasage rythmique ou les combinaisons d'intervalles et de timbres) ; la première miniature est marquée par une articulation piquée comme une marque d'ironie, avec des contrastes dynamiques très nets (temps et intervalles hétérogènes), sur seulement 4 notes ; la quatrième miniature utilise le cor dans un mode de jeu aux sons cuivrés (avec un jeu dansé au rythme ternaire) et ses accents ; dans la cinquième miniature, la flûte énonce seule une série constituée de six éléments sur une ponctuation en constant déphasage rythmique, qui se propage aux autres pupitres, comme dans le motif d’accompagnement de la troisième miniature ; dans la sixième miniature, le discours est le plus étoffé, avec des montées chromatiques de plus en plus larges [création (pas d'exécution publique en Hongrie) : 6 Octobre 1969, à Södertälje (Suède)]. 13 xxx +++++
1958 Glissandi (bande) [35 ans] Electronique. Une des premières œuvres concrètes, belle, à texture continue et de couleur romantique, même si le phénomène a considérablement vieilli, tout simplement car la technique a évolué très vite : il reste une recherche personnelle de la couleur fusionnelle, des contrastes continu-discontinu et de l'émotion auditive (l'appropriation de l'outil technologique a souvent conduit d'autres compositeurs à la sécheresse ou à l'architecture) ; pour l'anecdote, il faut savoir le travail gigantesque que représentaient, à l'époque, ces œuvres de quelques minutes : à partir de sons purs sinusoïdaux produits par oscilloscope et enregistrés séparément sur bande magnétique, les morceaux de bandes (sons individuels) sont découpés-collés dans un ordre de "composition" (lesquels collages peuvent aussi être enregistrés sur bande et découpés-collés à nouveau) pour créer une bande qui se déroule très rapidement (73 cm par seconde) faite de morceaux physiques mesurant quelquefois 1 cm (les sons résultant durent moins d'un 20ème de seconde, soit le seuil d'estompage) [création : 25 Mars 1958, à la Radio de Cologne (WDR, Allemagne), dans la série Musik der Zeit]... de la même veine, plus ambitieuse et discontinue, mais moins musicalement séduisante, "Artikulation" (1958, 4 minutes, créée en même temps), également d'intérêt historique («parlée», bien que concrète, avec une dose d'humour et davantage typée «technologique»). 7 x +++++
1961 Atmosphères (grand orchestre) [38 ans] Grand Orchestre (89 musiciens et autant de parties réelles). Une œuvre de fusion qui débute, paisible, par un long accord tenu (un cluster couvrant 5 octaves) qui se transforme lentement (un canon à 56 voix aux cordes) pour évoluer vers un fourmillement continu, mystérieux (il est bien difficile de ne pas voir défiler, en même temps, les images psychédéliques et colorées de «2001, Odyssée de l'Espace...» de Stanley Kubrik en 1968, même si cette extraordinaire musique se suffit à elle-même), pour se terminer par des appels assourdis, puis par des murmures qui s'éteignent ; l'impression prégnante qui ressort de son édition est celle d'une toile (d'araignée) qui n'en finit pas de se propager sans bord (aucun motif net, aucune structure rythmique n'est audible de façon patente, il s'agit plus d'une transformation continue de timbres et de niveaux sonores) ; historiquement, sa forme statique opposée au matériau sonore en mouvement constitue une rupture d'avec le sérialisme, marqué par la discontinuité, et son utilisation des clusters harmoniques fait suite à Xenakis ou au Penderecki ("Anaklasis"), mais avec ici avec une animation dynamique de l'intérieur... une grande réussite démonstrative [création: 22 Octobre 1961, à Vienne (Autriche)]... de la même veine, "Ramifications" (1969, pour ensemble à cordes, plus fluctuante et irisée). 9 xxxx +++
1963 Poème symphonique (100 métronomes) [40 ans] Métronome. Cette œuvre dépasse son côté provocant («happening» superficiel) par sa densité quasi continue, et son magnétisme ; certes la première écoute est déconcertante et fait penser à une supercherie Cagienne (hasard du comportement des instruments laissés à eux-mêmes) ou à une pochade anecdotique (le titre n'a rien à voir avec le contenu... rien de poétique, ni de symphonique), mais au-delà, apparaît une volonté musicale transcendante et une audace réelle par ses procédés de transformation graduels des rythmes (jusqu'à l'épuisement des métronomes) ; une musique mécanique qui a son existence propre (et sa durée propre, en fonction du départ des différents métronomes, réglés à des vitesses différentes, la pièce se terminant lorsque le dernier métronome s'arrête) et, par son côté répétitif de petites cellules rythmiques tictacantes, progressivement modifiées, qui est un clin d'œil à Steve Reich; au total une curiosité à découvrir sans a priori et à déguster (avec modération) [création publique : 13 Septembre 1963, à Hilversum (Hollande), avec 10 exécutants, 8 hommes et 2 femmes, et le compositeur comme chef, à une époque de sa (brève) affiliation au mouvement Fluxus ; un énorme scandale (le concert filmé par la télévision Hollandaise, programmé, n'a pas été diffusé ; à noter qu'en 1995, le sculpteur Canadien Gilles Lacombe a inventé un dispositif qui facilite son exécution, la pièce pouvant être jouée automatiquement, sans exécutant]. 20 xx ++
1963 Aventures et Nouvelles Aventures (3 chanteurs et 7 instrumentistes) [40 ans] Cordes-Percussion-Vents-Voix. Une œuvre exceptionnelle (partiellement ouverte), une action scénique en 14 tableaux, théâtrale et ironique à la fois, qui associe un petit ensemble instrumental à des chanteurs (soprano, baryton, contralto) avec une diction dans une langue inconnue et artificielle (voulue universelle?), faite de consonnes, de bruits, d'interjections, de borborygmes, de grognements, de délires (les phonèmes) ; le texte, mimant beaucoup de comportements humains (connivence, arrogance, humour, domination, rejet, etc.), est intimement mêlé à la musique qui semble jaillir en même temps (et d'une grande expressivité avec peu de moyens, explorant les 6 facettes de l'émotion humaine, humoristique, fantomatique, épouvantable, mystique, sentimentale et érotique, selon le compositeur lui-même) pour constituer les prémices du théâtre musical d'Arrigo (avec "Orden" en 1969), perceptibles seulement en concert (par l'action scénique, limitée, des solistes vocaux et des instrumentistes) [création : 4 Avril 1963, à Hambourg (Allemagne) pour "Aventures", et 26 Mai 1966, aussi à Hambourg (Allemagne) pour "Nouvelles Aventures"]. 35 xxxxx ++
1965 Requiem (soprano et mezzo soprano solo, 2 chœurs mixtes et orchestre) [42 ans] Orchestre-Voix. Sacré : une œuvre majeure, popularisée par le film «2001, Odyssée de l'Espace...» de Stanley Kubrik (1968), qui allie le langage moderne (avec beaucoup de chromatisme) et la polyphonie ancienne (revisitée avec la micropolyphonie) ; l'Introït est caractérisé par une quasi immobilité par transformation progressive (qui fait penser à Scelsi), le Kyrie est une extraordinaire double fugue à 5 voix, également progressif (avec quelques ruptures à la fin en fortissimo), le Dies Irae est plus agité, théâtral, avec des contrastes violents (surgrave-suraigu, pour une supplique presque révoltée), le Lacrimosa final, séparé, recueilli et apaisé, est abandonné aux solistes et à quelques musiciens de l'orchestre... envoûtant [création : 14 Mars 1965, à Stockholm (Suède)]. 27 xxxx +++
1966 Lux Aeterna (chœur à 16 voix mixtes a cappella) [43 ans] Petit Chœur. Une œuvre classique de la période micro-polyphonique, où les voix semblent dissoutes comme dans un nuage de sons, en écho aux polyphonies du 16ème siècle ; les 16 voix solos sont asynchrones, avec des entrées souples, et les changements de timbres sont à peine perceptibles, le tout dans un tempo soutenu et très calme, donnant une impression distanciée [création : 2 Novembre 1966, à Stuttgart (Allemagne)]. 9 xxxx +++
1967 Lontano (grand orchestre) [44 ans] Grand Orchestre. Un très long accord fluctuant (vents, puis cordes) ouvre cette œuvre qui devient scintillante, en restant très fondue, et avance lentement, avec de longs crescendos et dé-crescendos, comme dans un rêve méditatif ; dans la partie médiane, l'orchestre s'étire comme dans une supplique, de plus en plus fort et aigu, jusqu'à l'apogée, suivi à nouveau du rêve méditatif ; c'est la pleine période de micropolyphonie du compositeur, avec de nombreux canons à l'unisson et doublements d'octaves qui produisent à l'oreiile un son novateur, globalement mouvante [création : 22 Octobre 1967, à Donaueschingen (Allemagne)]. 12 xxxx +++
1968 Quatuor à cordes n°2 (2 violons, alto, violoncelle) [45 ans] Quatuor-Cordes. Un chef d'œuvre qui symbolise la modernité dans la continuité pour le quatuor à cordes : 5 mouvements, avec des parties externes, discursives, entourant 3 études, la première en harmonies lentes et balancées, la seconde en pointillisme, la troisième en gestes violents, quasi-possédés ; la pièce de résistance (magique) est le troisième mouvement, médian, entièrement en pizzicati (le premier mouvement commence par un long chuchotement, contrasté par des urgences irisées, l'ensemble étant statique, coloré et métallique, mis à part l'intermède médian) [création : 14 Décembre 1969, à Baden-Baden (Allemagne)]. 22 xxxxx +++
1970 Concerto de Chambre (13 musiciens) [47 ans] Petit Ensemble (1 flûte ou flûte piccolo, 1 hautbois ou hautbois d'amour ou cor anglais, 2 clarinettes ou clarinette basse, 1 cor, 1 trombone, 1 clavecin ou orgue électrique Hammond, 1 piano ou célesta, 2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse). Marquée par les larges plans statiques et par encore quelques irisations, cette œuvre est dominée dans le 1er mouvement ("Corrente" -Courant) par le flou, les contours fluctuants, imprécis (avec lentes progressions de registres et de timbres et de fourmillement de la texture par empilements de clusters), dans le 2ème ("Calmo sostenuto"), par les couleurs métalliques (avec étude des sonorités), dans le 3ème ("Movimento preciso e meccanico") par les aboiements, les pizzicati et les scansions répétitives, avec déphasage, par des effets de battements et de martellements (avec polymétrie et la polyrythmie) et dans le 4ème ("Presto"), très rapide et très virtuose, par des traits, des gerbes, des cadences qui se bousculent, s'égarent et s'entretissent dans une (fausse) impression d'improvisation… belle, séduisante (à noter : typique du style micro-polyphonique, jusqu'à 13 vitesses superposées, soit une par instrumentiste), mais pas essentielle ; le titre original en Allemand "Kammerkonzert" est également souvent utilisé en Français [création: 1er Octobre 1970, à Berlin (Allemagne)]. 18 xx ++++
1978 Le Grand Macabre (opéra) [55 ans] Opéra théâtre (anti-opéra). Un des opéras phares de la Musique Contemporaine (à la limite du théâtre musical, en 2 actes), composé pendant la grande période du collage, qui n'échappe pas à la règle, même s'il le fait sur le mode de la parodie (nombreuses citations directes, indirectes cachées, auto-citations) ; une pièce surréaliste - ou plus exactement pataphysique, avec un véritable goût pour le non-sense, en tenant en outre compte de l'ébriété des personnages, mais l'humour est suffisamment subtil pour laisser la place à une totale ambiguïté : que la fin du monde annoncée soit parodique ou non, qu'elle soit advenue ou non, reste un point d'interrogation ; grâce à une efficacité (poly-)rythmique totale, à l'utilisation des instruments les plus insolites (du klaxon au sifflet), et à un style lyrique le plus souvent très naturel (malgré un goût pour la pyrotechnie vocale), au livret inhabituel (ironique), cette œuvre est très belle, même si elle a été remaniée (condensée), la plupart des passages parlés étant devenus chantés ; l'ouverture se fait aux klaxons, l'humour couvre le spectre noir (de la farce à la satire) et le morceau de bravoure (musical et satyrique) est le solo de la Soprano colorature qui joue le chef de la police politique, Guépopo ; extraits orchestraux : "Scènes et Interludes du Grand Macabre", pour 4 chanteurs, chœur mixte, et orchestre (1978), "Macabre Collage", pour grand orchestre, adaptation d'Elgar Howarth, en collaboration avec le compositeur (1991), "Mysteries of the Macabre", 3 airs adaptés pour trompette solo et orchestre (1992), ou adaptés pour soprano colorature et orchestre (1992) [création : 12 Avril 1978, à Stockholm (Suède)]. 130 xxxxx ++
1982 Trio (violon, cor, piano) [59 ans] Chambre. Une pièce séduisante, savante (par ses transformations) et accessible, mais pas essentielle au catalogue du compositeur ; elle fait référence au trio opus 40 de Brahms pour les mêmes instruments (mais ce n'est pas une véritable clé, plutôt un clin d'œil, un hommage ou un pied de nez, car il n'y a qu'une seule citation dans la pièce, et elle est issue de la sonate "Les Adieux" de Beethoven !), en raison de son caractère résigné, et souvent triste, de formulations en apparence simple (faussement) qui rappelle la poignante efficacité émotive de Brahms (sans développement) ; une œuvre en 4 mouvements (classiques) marquée par l'indépendance des instruments entre eux (chacun joue sa propre partie) : le 1er mouvement (andantino con tenerezza) s'ouvre sur une mélopée au cor (le violon joue une sorte de choral à 2 voix avec un développement de la cellule initiale, Ie cor, une mélodie non-tonale, mais diatonique, et le piano, des échos et des variantes du choral du violon), le 2ème (vivacissimo molto ritmico) est un mélange savant de rythmes dans une danse effrénée polymétrique, très rapide et teintée d'Europe centrale (et aussi Brésilienne, avec une samba cachée, ou Jazzy par l'écriture irriguée du piano), le 3ème (alla marcia), le plus ambitieux, est une marche avec des couches rythmiques décalées, le 4ème (lamento, adagio) est une lamentation lancinante très expressive (et une variante chromatique des 3 précédents, davantage diatoniques), avec une montée progressive de la tension dramatique, culminant par un piano grave et percussif, comme un tambour imaginaire en sourdine du cor [création : 7 Août 1982, à Hambourg-Bergedorf (Allemagne)]. 22 xxx ++++
1985 Etudes (piano) [62 ans] Piano-Etudes. Echelonnées entre 1985 et 2001, ces études (premier livre : 1-6, deuxième livre : 7-14, troisième livre : 15-18) constituent un pendant à celles de Chopin (par la sensibilité), de Debussy (par le colorisme) et de Scarlatti (par le mécanisme) : d'une grande virtuosité et souvent d'une grande vitesse - à la Nancorrow -, courtes de 1 à 5 minutes, elles s'inspirent de musiques d'Afrique Centrale, du Jazz (Thelonious Monk et Bill Evans), du minimalisme Américain (répétitions), etc., elles explorent entre autres les dimensions modernes de l'écriture pianistique comme les rythmes, la résonance, et elles procurent, à l'écoute, un réel plaisir physique ; sommets : "Automne à Varsovie" (n°6, 1985), "L'Escalier du Diable" (n°13, 1993), "Cordes vides" (n°2, 1985), "Arc-en-ciel" (n°5, 1985), "Désordre" (n°1, 1985), "Touches bloquées" (n°3, 1985), "Vertige" (n°9, 1990, au langage inspiré de Jean-Claude Risset) ; Extrait-Vidéo [premières créations : I, 20 Avril 1985, à Bratislava (Slovaquie), II, 23 Septembre 1989, à Berlin (Allemagne), III, 26 Janvier 1996, Conservatoire Royal, à La Haye (Hollande)]. 56 xxxx +++++
1988 Concerto pour piano (piano et orchestre) [65 ans] Piano concertant. D'une extrême complexité rythmique, cette œuvre (commencée en 1978), en 5 mouvements, crée un univers sonore qui paraît planer (la discontinuité se fond dans le continu) ; hormis le 2ème mouvement, lent et typiquement modal (avec des timbres inusités et des registres extrêmes : piccolo très grave, basson très aigu), les autres mouvements sont rapides (terriblement virtuoses), partant de kaléidoscopes qui peu à peu semblent se superposer formant des mélanges harmoniques)... une réussite avec au menu de cette dernière manière du compositeur, décalages (asymétries) rythmiques et vitesse d'exécution sur-multipliée, pour des effets d'illusions sonores, comme dans les précédentes "Etudes" [création : 23 Octobre 1986, à Graz (Autriche) pour les mouvements 1 et 3, et 29 Février 1988, à Vienne (Autriche), pour les 4 et 5]. 22 xxxx +++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours]

légendeNé le 28 Mai 1923

M.A.J.-Actus : 2010/01/11.
Mort le 12 Juin 2006 ; 3 reprises réussies à la Cité de La musique ("Mélodien", "Atmosphères", et une version, pour quintette à vent, des 6 Bagatelles) ; beaucoup joué en 2006-2008 (et cela dure en 2009) ; pas de site Internet, dommage

 

Actualisation de la page : 27-Août-2010

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