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PETIT ORCHESTRE ET VOIX

 

COMPOCRÉATITRE ANALYSETPSVAL NIVN
Berio
(Luciano)
1961 Epiphanie (voix de femme et orchestre) [36 ans] Orchestre (petit)-Voix. De la même veine que "Circles", cette œuvre est une des pièces majeures pour voix et orchestre (considérablement révisée en 1965, et en 1992) : elle comporte 8 parties, en 5 pièces vocales sur des poèmes (comme des apparitions, d'où le titre) et 3 «Quaderni» uniquement instrumentaux (très virtuoses, comme des interludes) [création (partielle) : 1961, à Donaueschingen (Allemagne)]. 40 xxx +++ .
Berio
(Luciano)
1968 Sinfonia (8 voix solo et orchestre) [43 ans] Orchestre (petit)-Voix (8 parties vocales, à l'origine pour le groupe Jazzy des Swingle Singers, qui peuvent être amplifiés). Une alchimie étonnante entre la musique (tantôt mystérieuse, tantôt chaotique, précipitée) et des textes parlés (Français, Anglais, chuchoté, bavardé ou non) et chanté (avec vibrato ou non) de Claude Lévi-Strauss, Martin Luther King (atomisation du phonème du nom, presque non identifiable), Samuel Beckett («L'Inommable»), mêlés, avec des instruments jouant ensemble (d'où le titre au sens primitif), d'abord 4 mouvements, puis un cinquième ajouté ; l'alternance de jets de notes, souvent par un seul instrument (piano, beaucoup, trompette), courtes, contraste avec l'ensemble de l'orchestre en fond sonore ; un collage sans déformation de mesures du Scherzo de la 2ème Symphonie de Mahler (ainsi que plus diffus ou plus bref de "La Mer" de Debussy, de la valse du "Chevalier à la Rose" de Strauss, de la "Pastorale" de Beethoven, ou encore de "La Valse" de Ravel, Stravinsky, Berg) ; une œuvre emblématique et, à l'époque, révolutionnaire, qui transmet une profonde émotion ; Extrait-Vidéo [création : 10 Octobre 1968, à New York (USA), avec Berio à la direction d'orchestre]. 30 xxxx ++++ .
Maratka
(Krystof)
2008 Zverohra (soprano et orchestre) [36 ans] Orchestre (petit) et Voix (soprano). Sous-titré "Jeu Faune, Recueil de Chants anthropoïdes", ce monodrame s'ouvre par une mise en abîme théâtrale grandiloquente et primale, une apostrophe tragi-comique avec borborygmes simiesques soulignés par les percussions (en tapis) ; puis, les premiers pas du chant sont imaginés comme des litanies (pleureuses des morts), des babils (re-naissance), des coins-coins (de la mare aux canards), des injurations (des sorciers-chamanes tribaux), des minauderies (féminines et revendicatives) ; c'est pétaradant, jubilatoire, succulent (avec une réflexion sur la nature humaine et sur à l'acquisition du langage par les bébés), et aussi savamment écrit (sous des dehors de facilité ou de pseudo-improvisation) en forme de dialogues entre voix soliste et orchestre (polyrythmique, avec un fort héritage de Stravinsky, Varèse et Xenakis, du côté sauvage et percussif) ; au final, un long épisode de chaos comme un bouquet pour un feu d'artifice (en blocs d'ostinatos de l'orchestre) ; à noter, des effets sonores de spatialisation par des renvois stéréo (entre la section de percussions à gauche et les anches des bois au centre droit, ou bien, entre les coups de pieds donnés par les cordes à gauche et ceux donnés par les cordes à droite) ; le titre "Zverohra" est un néologisme associant le mot animal à celui de jeu ; ce voyage intérieur vers le passé est le centre d'un triptyque (avec "Otisk" [Empreinte], créé aux USA en 2004, pour grand orchestre symphonique, qui se veut une vision utopique des sonorités des instruments du paléolithique, et, "Vabeni" [Attraction], créé en 2010 en Pologne, sous-titré "Rituel des Fossiles préhistoriques de l'Homme", qui multiplie la présence humaine puisqu'un chœur mixte côtoie l'orchestre) [création : 4 Avril 2008, à Prague (Tchéquie), par Elena Vassilieva et la Philharmonie Tchèque, dirigée par Michel Swierczewski ; révision créée le 20 Septembre 2009, à Paris (France), Maison de Radio France]... de la même veine, "Le Corbeau à quatre Pattes" (2006, monodrame politique satirique, pour 2 voix d'hommes parlées et ensemble instrumental). 19 xxx ++++ N
Varèse
(Edgard)
1961 Nocturnal (petit orchestre, chœur d'hommes et soprano) [78 ans] Orchestre-Voix. Une œuvre inachevée (et terminée par Chou Wen-Chung, un de ses élèves, d'après des esquisses très avancées) qui crée un univers sonore nocturne par la combinatoire des instruments (percussions, ondes et grand orchestre), nouveau car la nuit n'est pas ici paysagisme, mais humeurs, sensations, trouée de silences, et pleine de cauchemars, avec une soprano qui parle plus qu'elle ne chante, et un chœur de basses assez effrayant (grondements, vociférations) ; les textes sont issus de «House of Incest» par Anaïs Nin, avec des phonèmes ajoutés par le compositeur, soit presque en même temps que leur (peut-être) initiateur Milton Babbitt… la dernière pièce d'un génie innovateur inclassable, de près de 80 ans [création partielle : 1er Mai 1961, Town Hall, à New York (USA)]. 11 xxxx ++++ .

 



Actualisation : 09-Avril-2012


© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2012 Pour retourner à la page d'accueil: BIENVENUE !
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