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L'histoire de la Musique Contemporaine commence au moment de la Deuxième
Guerre Mondiale, dans un environnement de destruction - reconstruction. Toute
l'Europe est à reconstruire et ce n'est pas une surprise de constater que la
Musique contemporaine...
- éclot à la fois en France, Belgique, Allemagne et Italie, les pays qui ont connu
les atrocités de l'intérieur,
- doit se démarquer très tôt d'un environnement ultra-conservateur
(rappelez-vous, la mode a été symbolisée, peu de temps après la Guerre, par la question
«Aimez-vous Brahms»? et, peu de temps avant la Guerre, par la rupture avec
la tradition, voulue par la génération des jeunes
compositeurs, dont Messiaen et Jolivet, sous le label «Jeune France»),
- reconnaît ses parents et parrains avant la période précédente du
néoclassicisme et des folies frivoles du Bœuf sur le Toit : le dernier
Richard Wagner (1813-1883) pour Tristan et Parsifal, dans le chromatisme le
plus hardi, Claude Debussy (1862-1918) pour la richesse colorée des timbres
et sa conception neuve du temps et de l'espace, Belà Bartók (1881-1945)
pour sa approche nouvelle des masses orchestrales, le premier Igor Stravinsky (le
"Sacre du Printemps" : 1913) pour sa percussion et la généralisation des pulsions
contrôlées, le second Arnold Schoenberg (du "Pierrot Lunaire" : 1914, du dodécaphonisme
: 1924) et ses acolytes Anton Webern et Alban Berg, et surtout le trublion avant-gardiste
Edgard Varèse
(le son, et non plus la note, comme fondement de la musique) et
l'autodidacte expérimentateur-tous-azimuts Charles Ives (collage,
désorganisation des structures, spatialisation, passés inaperçus
jusqu'aux années 40).
En pratique, le point de départ de la Musique Contemporaine correspond
pour certains à la page tournée après les dernières compositions de Bartók et de
Schoenberg (souvent inachevées), pour d'autres
au premier Boulez et à la Musique sérielle.
En fait, avec le recul du temps, et la prolifération de la diversité
dans la Musique d'aujourd'hui -et tous les arts en général-, le
véritable point de départ semble bien la deuxième guerre mondiale,
avec sa déstructuration (notamment dans les camps et dans les villes
Européennes dévastées) et l'élan de reconstruction sur des bases nouvelles
("tabula rasa", dixit Stockhausen) qui a suivi l'instauration de la paix, soit entre 1941 et 1945.
Toutes les musiques contemporaines sont acceptées ici, depuis la
Musique Sérielle ou Concrète jusqu'au Post-modernisme (qui, en fait, est une
réaction conservatrice!), en passant par l'Électroacoustique, la
Musique Répétitive (ou Minimaliste), la Musique Aléatoire (l'œuvre ouverte), la
Musique Spectrale, les Quarts ou les Tiers de tons, les Collages, la Musique Néotonale,
la Tradition, la
Nouvelle Simplicité et son contraire la Nouvelle Complexité -les courants ne
manquent pas-, soit vraiment toutes les musiques pourvu qu'elles soient écrites, c'est à
dire pensées, et pas complètement improvisées (comme le Free Jazz).
VOICI LES DATES MARQUANTES DES PRÉMICES :
| 1893 |
"Vexations"
d'Érik Satie (1866-1925), prémices de la Musique Répétitive : un
thème géométrique et 2 variations, d'une durée d'un peu plus d'1mn30
qu'il faut jouer 840 fois (soit une durée totale de 24 heures), jamais
jouées de son vivant, mais célébrées par John Cage dans les années
60, lors de concerts marathons |
| 1906 |
Symphonie
de Chambre opus 9, de Schoenberg (1874-1951) : la première œuvre fondée sur des
séries de quartes ascendantes qui marque l'affaiblissement tonal |
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Thaddeus
Cahill (1867-1934) invente le premier instrument électronique, baptisé
Telharmonium |
| 1907 |
"Clairs
de Lune" d'Abel Decaux (1869-1943), un compositeur organiste Français
quasiment oublié, développe l'atonalité dans ses pièces pour piano
(visionnaires et «non-Debussystes», comme sa "Mer",
composées entre 1900 et 1907) |
| 1908 |
Début
de la Révolution de la Seconde École de Vienne : les premières œuvres
de Berg et Webern et le virage de Schoenberg (abandon de la tonalité,
abandon des thèmes de la Musique Classique, et par là, du
développement et du «da capo», nouvelle distribution des timbres,
emploi de petites formes sans articulations, les fondements de la
musique d'après 1945 avec la série) |
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"Quatuor
n°2" de Schoenberg : première oeuvre officiellement atonale
(suivie en 1909, des "Trois Pièces" pour piano, totalement
atonales) |
| 1909 |
"Prométhée"
de Scriabine (1872-1915) : extension de l'opéra à l'œuvre d'art total (Gesamtkunstwerk),
dépassant la rhétorique de Wagner (ou de Rameau, avec la danse) ; ici,
et encore plus dans "Mystère" (1911), inachevé, des jeux de
lumières sont ajoutés, ainsi que des sensations olfactives, tactiles,
et la participation du public |
| 1910 |
"Adagio
de la 10ème Symphonie" (inachevée) de Gustav Mahler (1860-1911) :
généralisation de la polytonalité, à côté des petites cellules
rythmiques indépendantes qui marquent déjà la 9ème Symphonie |
| 1912 |
"Pierrot
lunaire" de Schoenberg : première du «Sprechgesang»
(parlé-chanté) qui fera bien des émules dans la Musique Contemporaine,
créé le 16 Octobre à Berlin |
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"The
Tides of Manaunaun", "Advertisement" et "Tiger"
de Henry Cowell (1897-1965) : les premiers clusters au piano (avec le poing, la paume ou l'avant-bras) |
| 1913 |
"Jeux"
de Claude Debussy (1862-1917) : une œuvre prophétique par son
orchestration éparpillée, fragmentée, par son asymétrie, par sa couleur grise,
par sa déstructuration envers tout plan pré-établi |
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"Altenberg
Lieder" opus 4 d'Alban Berg (1885-1935) : lieder pour orchestre... un tel
scandale que la police est obligée d'intervenir ! |
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"Le Sacre du Printemps"
d'Igor Stravinsky (1882-1971) : nouvelle conception du rythme et de la répétition
(notamment émergence de l'unité rythmique inégale) dans la musique (et re-scandale) |
| 1914 |
"Risveglio di una città" (Réveil d'une ville),
"Si pranza sulla terrazza del Kursaal" (On déjeune sur la terrasse du
Kursaal) et "Convegno di automobili e aereoplani" (Congrès d'automobiles et d'avions)
de Luigi Russolo (1885-1947) : le premier Grand Concert futuriste
avec «intonarumori», des générateurs de son-bruit, sans instrument de musique |
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"Three
Places in New England" de Charles Ives (1874-1954) : première
citation («collage») |
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"Le
Bain de Mer", pièce issue de "Sports et
Divertissements", prémices de la partition graphique (vagues de la
mer) |
| 1916 |
Quatrième
Symphonie de Charles Ives : polyphonie
inextricable et orchestration démesurée |
| 1917 |
"Parade"
d'Érik Satie : première introduction de bruits ambiants dans une
partition musicale (roue de loterie foraine, coup de revolver, frappe à la
machine à écrire et un «bouteillophone») |
| 1919 |
"Concord Sonata" (sonate pour piano) de Charles Ives :
publiée à compte d'auteur,
faute d'éditeur intéressé (1939 : John Kirkpatrick la crée en concert à
New-York), la Sonate est un vrai kaléidoscope musical et contient de
nombreuses citations délibérées (collages)
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"Pulcinella", ballet de Stravinsky (1882-1971) sur des thèmes de Pergolèse, une des premières oeuvres importantes
du néoclassicisme, avec la Symphonie Classique de Prokofiev (1890-1953) : marquée par le
retour en arrière et par une recherche d'équilibre, de sobriété et de
clarté, ce style n'est pas sans rappeler la future démarche conservatrice de
la Nouvelle Simplicité ou de l'école répétitive contemporaine
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| 1920 |
"Quatuor à corde n°2" : Haba découvre les premiers
micro-intervalles de la musique occidentale
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Radiodiffusion : première émission de radio, à Pittsburg (USA)
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| 1921 |
"Amériques" d'Edgard Varèse (1883-1965) : une révolution (sirènes
et autres bruits d'usine, intégrés à l'orchestration) passée inaperçue, mais
assimilée dès la fin des années 30 par les compositeurs Français
|
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Léon Thérémin fait une première démonstration au Kremlin, devant Lénine,
du Theremin («Antenne Chantante»), l'un des premiers instruments
électroniques,
générateur de son, que Lev Sergeyevich Termen (1896-1993), étudiant physicien moscovite,
a construit sur ses plans
|
| 1922 |
"Wozzek"
opus 7 d'Alban Berg : le premier opéra depuis le leitmotiv wagnérien
où le traitement des voix est novateur (si l'on excepte le cas isolé
de "Pelléas et Mélisande" de Debussy) |
| 1923 |
Pièces
pour piano opus 23, de Schoenberg : la première œuvre dodécaphonique
(première série de 12 sons dans la "Valse"),
en même temps que la Suite opus 25 suivies par les Variations opus 31
pour orchestre (1928) et l'opéra inachevé Moïse et Aaron (1932) |
|
"The Aeolian Harp" et
"The Banshee" (1925, 3 minutes) de Henry Cowell (1897-1965) : le «piano à cordes», où les cordes sont pincées ou tirées à l'intérieur du piano
(anticipant le piano préparé de Cage) |
| 1924 |
"Quarter-tone pieces"
: Charles Ives compose en quarts de ton (1874-1954... en fait il a définitivement arrêté de
composer avant 1930) |
| 1926 |
Le
Sphärophon de Jörg Mager (Berlin), premier des oscillateurs électroniques
(avec 2 lampes triodes) |
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"Fonderie
d'acier" (Eissengiesserei) d'Alexander Mossolov, prélude (symphonique)
à la musique répétitive et mécanique |
| 1927 |
Oskar Schlemmer utilise des sons, enregistrés sur disques
de cire, pour ses créations de théâtre expérimental du Bauhaus et son concept
d'œuvre totale |
| 1928 |
Symphonie
opus 21 d'Anton Webern : summum du dodécaphonisme pur et passeport pour
le sérialisme Boulézien, en seulement 9 minutes de musique (en
comptant les silences) |
|
Conception
des Ondes par Maurice Martenot (Paris, 1898-1980) et du Trautonium par Friedrich
Trautwein (Berlin, 1888-1956), nouvel instrumentarium (Arthur Honegger compose
pour Ondes Martenot et Paul Hindemith pour le Trautonium) |
| 1929 |
«Studiengesellschaft für elektroakustische
Musik», toute première association de recherche dédiée à la musique électronique
est créée à Darmstadt en Allemagne, suite au
Sphärophon de Jörg Mager |
| 1930 |
Harry
Partch construit son premier alto modifié («chordophone») dans sa
démarche de micro-intervalles divisant l'octave en 43ème de ton (1
divisé par 43!) |
| 1931 |
"Ionisation"
d'Edgard Varèse (1883-1965) : première œuvre occidentale pour percussion
seulement, écrite pour
37 instruments, dont : une sirène, une enclume, et un tambour à corde pour simuler le rugissement du lion |
| 1933 |
"Ecuatorial"
d'Edgard Varèse : première œuvre à intégrer des sons produits par des appareils électroniques
(2 Theremins) |
| 1935 |
"Lulu"
d'Alban Berg (inachevé et utilisant la série de façon
prémonitoirement libre, ou si l'on préfère, dévoyée par la
transposition) : la particelle du dernier acte sera orchestrée par le
compositeur Autrichien Friedrich Cerha, pour une création en 1979 |
|
"Mana"
de Jolivet (1905-1974) : première composition fondée sur les rythmes irrationnels |
|
Quatuor à cordes
"Mosaïque" de Henry Cowell : une œuvre ouverte, avant John
Cage |
| 1936 |
"Densité
21.5" d'Edgard Varèse : le bruit des clés de la flûte seule est
exploité musicalement pour la première fois pour un instrument |
| 1937 |
Commercialisation
du Magnetophon K1 par l'Allgemeine Elektrizitäts Gesellschaft (AEG), premier
magnétophone avec enregistrement magnétique sur bande |
| 1938 |
"Bacchanale",
première utilisation (non publiée, année controversée) du piano préparé par John Cage
(1912-1992), en création privée le 28 Avril 1940, à la Cornish School de Seattle (USA) sur une chorégraphie de Syvilla Fort |
| 1939 |
"Imaginary landscape
1" de John Cage : avec plusieurs tourne-disques et haut-parleurs, cette œuvre est considérée comme la première utilisation musicale de sons fixés sur un support |
| 1942 |
"Ludus
Tonalis" de Paul Hindemith (1895-1963) : dernière œuvre
terminée, comme un "Clavier bien tempéré" moderne, tonal,
mais dont la tonalité est déréglée par l'écart entre les vibrations
des harmoniques de la partition et la tonalité normale de l'instrument |
| 1946 |
Trio
à cordes opus 45 de Schoenberg, ultime œuvre, dans laquelle, en
refermant la boucle, les 12
sons dodécaphoniques renouent avec la tonalité ! |
VOICI LES DATES MARQUANTES DE LA MUSIQUE CONTEMPORAINE :
| 1946 |
Création
des Rencontres de Darmstadt (et des ses cours d'Été) |
| 1947 |
"Schoenberg
et son école" de René Leibowitz (livre-bilan du Dodécaphonisme
et tremplin philosophique vers le futur) |
| 1948 |
"Deuxième
sonate" pour piano de Pierre Boulez : icône de la nouvelle musique
(athématique, atonale, sans variation, ni articulation, ni
développement, ni polyphonie directe) |
|
Premières réalisations «concrètes» par Pierre Schaeffer à Paris,
dans le Studio d'Essai de la Radio RTF (concrètes, car
issues de
matériaux sonores pré-existants, opposées à abstraites, comme la
musique pensée, imaginée, écrite, et générée par des instruments) : cinq
Études de bruits ("Étude aux chemins de fer", "Étude aux
tourniquets", "Étude violette", "Étude noire",
"Étude pathétique"), le "Diapason Concertino", les
"Variations sur une flûte mexicaine", la "Suite pour 14 instruments" et
"l'Oiseau RAI" (1949), avec parfois des traitements de sons
instrumentaux
|
|
"Sonates et Interludes"
de John Cage, pour piano préparé (déjà dans "Duo" en 1942 pour voix et piano préparé, et
"Amores" en 1943, constituée de 2 pièces pour trio de percussions et de
2 pièces pour piano préparé, mais sans exécution notoire) |
|
"Mode
de valeurs et d'intensité", manifeste modal d'Olivier Messiaen, prélude
au sérialisme (intégral) |
| 1949 |
"Philosophie
der neue Musik" de Theodore Adorno : livre-fondement de la Musique
Contemporaine (en Français, chez Gallimard, 1962) |
| 1950 |
"Symphonie
pour un Homme seul", première «oeuvre concrète» co-composée
par Pierre Schaeffer et Pierre Henry |
|
Premières
conceptuelles de Musique électronique (Eimert, Cologne) et Music for Tape
(Luening & Ussachevsky, Columbia, New York) |
|
Renaissance
du Festival de Donaueschingen de création musicale (cessation à la
guerre, après une période faste, stimulée par Paul Hindemith :
création en 1921, et transfert en 1926 à Baden Baden, puis en 1930, à
Berlin) |
| 1951 |
"Polyphonie
X" et "Structures" (pour 2 pianos, 1er livre) de Pierre
Boulez, premières oeuvres (emblématiques et abstraites) du sérialisme
intégral radical (encore appelé pointilliste) |
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"Music of Changes" pour
piano (non préparé), de John Cage
: première œuvre comportant de l'aléatoire dans son exécution
(indéterminisme musical, avant l'œuvre ouverte), sauf si l'on tient compte des
premières études-compositions ouvertes (1950-1951) de Morton Feldman |
| 1952 |
"4mn33" de John Cage (il s’agit
d'une œuvre radicale de 4 minutes et 33 secondes de silence, qui peut
aller jusqu'à la provocation dans «0'0"» de 1962, où
l'interprète peut seulement avaler par gorgées un verre d'eau devant
un micro cravate), mais l'impact de ce nihilisme (ou de cet
indéterminisme ultime) fut moindre en Europe (qui avait connu le
Mouvement Dada et le Surréalisme en peinture avant Guerre) |
|
"Intersection
I", de Morton Feldman et "December
52" de Earle Brown, premières partitions graphiques |
|
Première
rencontre de Boulez et Stockhausen à Paris : ce dernier compose "Kontra-Punkte", pour ensemble, la pièce la moins inaccessible du
sérialisme radical |
| 1954 |
Création
du Domaine Musical, séries de concerts à Paris consacrés à la
Musique actuelle (et à la seconde École de Vienne), dirigé par Pierre
Boulez (puis par Gilbert Amy, jusqu'à sa discontinuation en 1974) |
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"Déserts"
de Varèse : la création est un chahut total, c'est la première œuvre
associant l'orchestre avec des séquences d'éléments électroniques (ainsi
définie comme électroacoustique) |
|
"Studie
I" et "Studie II" de Karlheinz Stockhausen : premières
réalisations musicales «électroniques» à la Radio WDR de Cologne : ces oeuvres de quelques minutes
représentent un travail gigantesque à l'époque : à partir de sons purs sinusoïdaux produits par
oscilloscope et enregistrés séparément sur bande magnétique, les morceaux de bandes (sons individuels) sont découpés-collés dans un ordre de
composition (lesquels collages peuvent aussi être enregistrés sur bande et découpés-collés à nouveau) pour créer une bande qui se déroule très rapidement (73 cm par seconde) faite de morceaux physiques mesurant quelquefois 1 cm (les sons résultant durent moins d'un 20ème de seconde, soit le seuil d'estompage) |
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"Metastaseis"
de Iannis Xenakis : première utilisation des clusters à l'orchestre
avec effet de masse (style dit «massique») |
| 1956 |
"Sonate
n°3" de Pierre Boulez et "Klavierstück XI" de Karlheinz
Stockhausen : premières œuvres ouvertes dans le sillage de
l'indétermination de John Cage |
|
"Gesang der Jünglinge"
de Karlheinz Stockhausen : première œuvre combinant à la fois les sons
concrets et électroniques |
| 1957 |
"Illiac
Suite" de Lejaren Hiller et Leonard M. Isaacson : première
«composition» automatique à partir d'un programme d'ordinateur, pour quatuor à
cordes |
| 1958 |
"Gruppen"
de Karlheinz Stockhausen : nouvelle spatialisation de l'orchestre (en fer
à cheval, après
un premier essai pour le matériel sonore dans l'œuvre électronique "Gesang der
Jünglingen" en 1956) |
|
Création
du GRM, Groupe de Recherche Musicale, à Paris, anciennement GRMC qui
s'institutionnalise (absorbé par l'INA, en 1975 |
| 1959 |
"Apparitions"
de György Ligeti : premier exemple de Musique micro-polyphonique |
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"Quatro
Pezzi su una nota sola" de Scelsi : œuvre emblème des quarts de
ton généralisés et du son continu, sculpté de l'intérieur, prélude à la Musique Spectrale |
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"Sur Scène"
de Mauricio Kagel : première manifestation de théâtre instrumental, qui est la théâtralisation du geste inhérent à la pratique instrumentale
(les instrumentistes jouent des situations théâtrales, en plus de leur
instrument) |
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Luigi
Nono s'engage dans une polémique contre le collage, décrit comme un anarchisme régressif, à
Darmstadt : qualifié de colonialisme musical, il compare les matériaux sonores
utilisés aux pierres exotiques insérées dans les murs de la basilique San Marco à Venise, trophées dérobés à d'autres
cultures ancestrales |
| 1960 |
"Compositions
#2 et #5"
de La Monte Young : exploration de la «non-sense composition» (respectivement,
crépitement d'un feu, lâcher de papillons, par les musiciens),
dérivées du happening ou de la provocation à la John Cage |
| 1961 |
Création
d'un ensemble spécifique d'instruments de la Musique Contemporaine :
les Percussions de Strasbourg |
| 1964 |
"The Well-tuned Piano" de La Monte Young : premier exemple de Musique Minimaliste,
par ses sons rares, prolongés (une œuvre fétiche, augmentée tout au
long de la vie du compositeur, qui peut durer 5 heures, à la limite de
l'improvisation) |
|
"In C" de Terry Riley : premier succès de la Musique Minimaliste, ou plus exactement de Musique
répétitive, dérivée du concept minimaliste de Young |
|
Premiers synthétiseurs analogiques (Moog, Buchla, Ketoff), avec imitation d'instruments et réalisation de paradoxes par synthèse (Bell
Labs) |
| 1965 |
"Die Soldaten"
de Bernd Alois Zimmermann : l'opéra total (avec plusieurs actions simultanées,
images, films, etc.) |
| 1966 |
"Terretektohr"
de Iannis Xenakis, première œuvre à être spatialisée dans la salle
de concert, les 88
musiciens étant répartis parmi les auditeurs |
| 1967 |
Découverte,
par John Chowning, du principe de la synthèse par modulation de fréquence
(première étape vers le synthétiseur numérique DX7 de Yamaha, en
1983) |
| 1969 |
"Mutations I"
de Jean-Claude Risset : première œuvre importante entièrement synthétisée par un ordinateur |
|
"Credo"
de Radulescu : première œuvre développant une scordatura qui permet
des intervalles de distances inégales (de plus en plus étroits vers
l'aigu), inaugurant une technique spectrale (voisine, mais distincte du
Spectralisme) |
|
Premier
contact du Grand Public avec la Musique Contemporaine : le film de Stanley Kubrick «2001: Odyssée de
l'Espace» avec sa bande son qui reprend des
extraits d'œuvres phares de Ligeti... "Requiem" (1961 : le Kyrie),
"Lux Aeterna"
(1965 : le Trip psychédélique), "Atmospheres" (1966) et
"Aventures" ; Kubrick recommencera dans «Shining» avec "Lontano" et
le superbe «Eyes Wide Shut», son dernier film, avec "Musica
Ricercata". |
|
Conception
par Max Matthews de Music V, premier programme de synthèse d'une grande
variété de sons |
| 1970 |
Conceptualisation
officielle de l'IRCAM (Institut de Recherche et de Création
Acoustique/Musique) par Pierre Boulez, à l'instigation de Georges et
Claude Pompidou (inauguration officielle en 1977) |
| 1972 |
"Clapping
Music" de Steve Reich, dérive de la Musique Minimaliste où 2
musiciens percussionnistes battent des mains |
| 1973 |
Fondation
de l'Ensemble L'Itinéraire pour la Musique Spectrale, par Gérard Grisey,
TRistan Murail, Michaël Levinas (en opposition, d'abord, au
post-sériels, puis après les années 90, en les intégrant) |
| 1974 |
Premiers
synthétiseurs numériques (Synclavier, Appleton & Alonso, Dartmouth) |
| 1975 |
"Partiels"
de Gérard Grisey : point de départ de la Musique Spectrale |
| 1976 |
Création
de l'Ensemble Inter-contemporain (EIC), par Pierre Boulez |
| 1978 |
Synthétiseurs
informatiques 4A, 4B, 4C, 4X (Di Giugno, IRCAM ; Alles, Bell Labs) |
| 1979 |
Publication
du livre «La Condition Post-Moderne» de Jean-François Lyotard
qui met un nom sur le style d'une nouvelle Musique, opposée à l'Avant-garde, qui renoue fortement avec la tonalité, recherche une
émotion simple et immédiate et s'est déclinée avec la Musique
répétitive, néo-romantique, néo-tonale et avec la Nouvelle
Simplicité |
| 1981 |
"Repons"
de Pierre Boulez, œuvre phare pour ensemble et ordinateur 4X, en temps réel |
|
"Zur
neuen Einfachheit" [vers une nouvelle simplicité], manifeste de
Manfred Trojan et Wolfgang Rihm (lequel s'en est écarté ensuite), pour
une musique plus accessible, non sérielle et tonale |
| 1983 |
Finalisation
du format MIDI (standardisation des échanges de données informatiques
pour la composition musicale |
| 1985 |
David Wessel développe en pionnier,
au sein de l'IRCAM, des logiciels musicaux pour micro-ordinateurs (et
d'autres suivent ailleurs) : Formes, Pla, Patchwork, Mosaic, Common Music |
| 1988 |
Tod
Machover initie les Hyperinstruments (modification électronique des
instruments traditionnels, sorte de scordatura moderne) |
| 1989 |
Généralisation
des impressions de partitions par ordinateur chez Schott et Schirmer |
|
Morphoscope, conçu et réalisé par Marcel Mesnage, logiciel
de simulation compositionnelle, comme démarche d'analyse assistée par ordinateur |
|
Réalisation
de la Station d'Informatique Musicale dans le cadre de l'Ircam, basée
sur l'ordinateur Next (qui remplace la 4X) |
| 1991 |
"Explosante-fixe",
dans sa version finale, utilise une nouvelle fonction musicale : pour la première fois un «score-follower» ou suiveur de partition, informaticien-musicien,
déclenche les évènements électroniques, en fonction de signaux précis émis par l'instrumentiste |
| 1994 |
Premières
mises à dispositions en Freeware, sur Internet, de ressources sonores |
| 1999 |
Disparition
de Paul Sacher, promoteur et mécène éminent de la Musique
Contemporaine : né le 28 Avril 1906, il se marie avec Maja Hoffmann-Stehlin, la veuve d'Emanuel Hoffmann, le fils de l'industriel Bâlois Fritz Hoffmann-La Roche, propriétaire du
groupe pharmaceutique aujourd'hui connu sous le nom de Roche, ce qui en faisait l'un des hommes les plus riches d'Europe,
soit US$ 14.3 Milliards en 1997, peu après son dernier mandat comme administrateur de
Roche ; il a dépensé FS 11 Millions pour acheter le Fonds Stravinsky et Boulez lui léguera la totalité de ses écrits ;
depuis 1934, il a financé, commandité et souvent dirigé comme chef d'orchestre des créations de plus de 200 oeuvres comme celles de
Belà Bartók (Divertimento, Musique pour Cordes, Percussion et Célesta),
Arthur Honegger (2ème Symphonie), Bohuslav Martinù (Toccata), Igor Stravinsky (Concerto en ré), Paul Hindemith, Hans Werner Henze (Capricio), Elliott Carter, Klaus Huber, Benjamin Britten, Harrison Birtwistle, Luciano Berio (Les Mots), Henri Dutilleux (Strophes), Pierre Boulez (Messagesquisse), etc. |
Actualisation : 2 Juillet 2011
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