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* MILTON BABBITT (1916 - 94 ans), USA

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Milton Byron Babbitt [1916, USA (Philadelphie, Pennsylvanie) - ] (prononcer «babite») étudie la composition sous la direction de Roger Sessions, puis est diplômé de New York et Princeton, et, plus tard, il enseigne lui-même à Princeton (1959-1984, jusqu'à sa retraite professionnelle) et aussi, à partir de 1973, à la Juilliard School à New York ; sa précoce rencontre avec Arnold Schoenberg aux USA a été brève, mais l'a profondément fasciné-influencé et a bouleversé sa vie de créateur : ainsi, il a disserté par d'importants ouvrages et conférences sur le système dodécaphonique qu'il a poussé aux extrêmes de ses possibilités, ce qui a permis une certaine intégration de cette musique dans les styles éclectiques Américains ; le personnage est d'une intransigeance théorique rare, en parallèle à une conviction (rationnelle), une opiniâtreté (courtoise) et une pédagogie (claire) toutes aussi rares, avec un sourire charmeur et une dialectique brillante, qui ont séduit beaucoup de ses élèves ; à noter que certains analystes Américains (jusqu'au-boutisme national comparable à celui qui attribue les découvertes essentielles de la musique à Charles Ives?) le désigne comme l'inventeur du sérialisme intégral avec "Three Compositions for Piano" de 1947 ou "Composition for Four Instruments" de 1948 (au lieu de Boulez-Goeyvaerts-Stockhausen et les cénacles de Darmstadt), alors qu'il s'agit seulement d'extensions limitées aux durées interversées des 12 notes-sons-hauteurs de Schoenberg... Première œuvre significative : "Three Compositions" (piano, 1947, dodécaphoniques). Instrument pratiqué : violon, puis clarinette et saxophone. Moderniste-Théoricien (tendance dodécaphonie). Milton Byron Babbitt est avant tout un compositeur théoricien, c'est-à-dire que ses œuvres s'inscrivent dans un schéma démonstratif de combinatoires (mathématiques) sur des propositions préalables théoriques, et ce tout au long de sa vie (il se décrit lui-même comme «maximaliste» ayant l'abstraction comme hantise) ; ses œuvres, dodécaphoniques post-Schoenberg, d'abord pour instruments acoustiques, puis électriques, enfin avec sons synthétiques, restent assez difficiles d'accès ; il est aussi connu aux USA pour sa passion du jazz ("All Set", pour ensemble de jazz, en est un exemple de valeur), ses pièces avec instruments électrifiés (amplifiés), et sa maîtrise de la musique populaire Américaine, signes de goûts éclectiques (et de compromis bien naturels face à ses propres exigences) ; il est enfin connu pour avoir introduit parmi les premiers les phonèmes -des syllabes sans sens préalable- (peu avant "Aventures" de Ligeti), au lieu de textes intelligibles, dans les pièces chantées : "Sounds and Words" (1960), puis "Phonemena" (1970) ; malgré son opportunisme stylistique, cumulatif (non séquentiel), en 3 périodes (dodécaphonisme acoustique, amplification à partir de 1961, synthèse sonore avec un usage intensif du «Mark II Synthesizer», à partir de 1981, en parallèle à l'intégration de styles nationaux, jazzy, voire Pop), sa musique est de construction remarquablement homogène (les tricordes, les tétracordes, les hexacordes, et leurs combinaisons... presque trop?), et en ce sens se situe à part : chaque pièce lui est immédiatement attribuable, reconnaissable par sa couleur (peu diversifiée), par sa difficulté (y compris d'interprétation, une raison pour laquelle il a délaissé les instruments acoustiques et leurs interprètes humains jugés insatisfaisants), par sa flexibilité-complexité sonore (ductibilité rythmique), par l'absence de répétition, par sa construction en croissance, et par la similitude avec d'autres de son catalogue, même avec un modèle instrumental distinct (d'où des critiques exagérées de manque d'inspiration) ; pour aborder ce compositeur intéressant et difficile (pas toujours), il est préférable d'écouter les pièces pour piano ou instruments solistes amplifiés (moins ambitieuses et plus jazzy et populaires)… Pièces emblématiques : Quatuor n°2 (1954, typique de son style combinatoire), "Philomel" (1964, pour soprano, bande avec soprano enregistrée et sons synthétisés, sa pièce la plus reconnue), "Ensembles" (1964, pour synthétiseur), "Phonemena" (1970, pour soprano et synthétiseur), Quatuor n°3 (1970, difficile d'accès), "Transfigured Notes" (1986, pour orchestre à cordes), "Counterparts" (1992, pour quintette de cuivres).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1954 Quatuor n°2 (2 violons, alto, violoncelle) [38 ans] Quatuor-Cordes. Une œuvre cérébrale caractéristique du style de Babbitt, qui reste difficile d'accès mais qui tranche par son efficacité et son inspiration, notamment par un contrepoint syncopé ; au menu, combinaisons, retours, verticalité, avec une série hexacorde chromatique initiale et son complément-retournement (pour aboutir aux fameux 12 sons dodécaphoniques) ; le travail sur la série est brillant-fascinant (et peut-être vain), par fragmentation, puis par de nombreuses interversions dans les hexacordes, et par un déploiement progressif (mais la pièce est courte : elle commence par des dialogues par paire avant d'aller à l'unisson des 4 instrumentistes) ; la composition est d'une complexité rythmique incroyable, et reste une gageure pour les interprètes [création : 1954 (USA)]... de la même veine, "Woodwind Quartet" (1953, avec des instruments à vent). 15 xxx ++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours]

légendeNé le 10 Mai 1916

M.A.J.-Actus : 2010/06/05.
Très peu d'actualités (à notre connaissance) en France ; pas de site Internet officiel ; joué en concert seulement aux USA, et encore rarement… dommage

 

Actualisation de la page : 05-Juin-2010

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2010 Pour retourner à la page d'accueil: Bienvenue !
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