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* PIERRE BOULEZ (1925 - 85 ans), France

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
Pierre Boulez [1925, France (Montbrison, Loire) - ] (prononcer «boulèze») ne suit que tardivement le cursus du Conservatoire de Paris (après les classes préparatoires aux Grandes Écoles scientifiques), avec notamment Olivier Messiaen comme professeur-guide. Il est à la fois compositeur, chef d'orchestre, essayiste, fondateur de formations instrumentales (le Domaine Musical, l'Ensemble Intercontemporain), entrepreneur (Ircam, Concerts-lecture Étudiants) ; une dimension incontournable de l'homme est son intelligence, très au dessus de ses pairs (et des critiques), son sens de la communication et son esprit tranchant, indépendant et débatteur (en ce sens, ses livres sont essentiels pour comprendre la Musique Contemporaine) ; en réaction, ses (nombreux) ennemis ont d'abord obtenu son exil (en Allemagne, puis en Grande-Bretagne et aux USA), et, lors de son retour pour la création de l'Ircam, ont voulu l'estampiller comme sectaire, théoricien, rigide (ce qui est totalement faux) tout en magnifiant son activité de chef d'orchestre (certes remarquable, notamment ses interprétations de Bartok, Wagner, Stravinsky, Webern, Mahler ou Debussy, mais si temporelle que son activité créatrice en a souffert) ; l'homme est un entrepreneur pragmatique, un défricheur de nouveaux horizons (le sérialisme au début des années 50 avec le théorique "Polyphonie X" ou les arides "Structures", l'œuvre ouverte à l'interprète au milieu des années 50 avec la 3ème Sonate pour piano, l'ordinateur comme instrument de réorganisation du son et comme miroir pour l'interprète dans les années 80), un concepteur de projets innovants (l'IRCAM, la Cité de la Musique à la Villette, et la Salle de Concert modulaire et polyvalente) ; son influence a été considérable sur toute la Musique Contemporaine, en France comme à l'étranger, et sur les compositeurs de sa génération et des générations suivantes (par entraînement ou, dans le cas des spectraux, par opposition) ; le personnage est d'un abord rugueux, sec, exigeant, rationnel, puis devient sensible, ouvert, altruiste, authentiquement généreux, tout en restant secret (sphynx), pragmatique et (intellectuellement) secondaire... Première œuvre significative : "Notations" (1945). Instrument pratiqué : piano, ondes Martenot (dans sa jeunesse). Moderniste-Sériel-Innovateur. Pierre Boulez est un des 10 compositeurs majeurs de la Musique Contemporaine ; son langage musical est unique, cohérent et fondé sur la recherche de phrases qui s'entremêlent, se répondent, à l'identique ou le plus souvent retravaillées (retournement, déplacement, dérive), avec plusieurs points de vues (dialogues, spirales, miroirs, transferts) et de sonorités uniques (juxtaposées, décalées) par des combinaisons inouïes et un langage toujours renouvelé (avec une part de jeu, plus ludique avec l'âge) ; son esthétique se rapproche davantage de Debussy-Varèse que de la seconde École de Vienne ou de Stravinsky (il clame le triple héritage) ; à l'instar de ses contemporains du premier Darmstadt, il a innové dans tous les champs de la musique (avec une dose de provocation envers la «tradition»), puis s'est assagi en composant des œuvres plus accessibles et toujours innovantes ; son style ne contient pas d'emphase sentimentale, mais plutôt un environnement poétique pour de la musique pure et subtile (ce qui n'exclut pas l'émotion, à l'instar de Schumann, Stravinsky, Mahler ou Bach) ; une dimension unique de ce compositeur est le remodelage itératif de ses œuvres, comme autant de versions nouvelles sans être fondamentalement différentes («work in progress») et la ré-utilisation-extension de matériaux précédents (par exemple, pour les "Notations")... Pièces emblématiques (dans un catalogue restreint, sans déchet) : la plus accessible de Boulez est sans conteste "Rituel" de 1975 (et les "Notations" pour orchestre, depuis 1978-1980, ou "Cummings" de 1970), son chef d'œuvre plutôt accessible est "Répons" (1981), et ses chefs d'œuvre moins accessibles sont nombreux, les plus connus étant "Le Marteau sans Maître" (1954) et "Pli selon Pli" (1962), puis "Éclat-Multiples" (1965), "Sur Incises" (1996, pour 9 instrumentistes) et "Dialogue de l'Ombre Double" (1985, pour clarinette en double), Anthèmes (1992, pour violon et électronique), sachant que la révolutionnaire et géniale 2ème Sonate (1948, pour piano) ne s'apprécie qu'avec la diversité des interprètes ; autres pièces importantes : "Explosante-fixe" (1973, pour 8 musiciens et électronique), "Messagesquisse" (1976, violoncelle solo et 6 violoncelles), "Dérive 1 et 2" (1990-2006, pour 6 et 11 musiciens) ; les pièces d'avant 1960, notamment vocales ("Soleil des Eaux", "Le Visage Nuptial") ou la 3ème Sonate, les Structures ou l'exceptionnel Quatuor, sont belles mais difficiles d'accès.

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1945 Douze Notations (piano) [20 ans] Piano. Un temps retiré du catalogue, la première œuvre de Boulez est marquée par une puissante originalité dans le sillage de Webern, par un matériau d'une grande richesse inventive qui a été exploité et étendu au grand orchestre, sans rapport immédiat, dans les années 80 ("Notations pour orchestre") ; une curiosité historique pour certains (qui ne l'ont pas écoutée), une œuvre certainement marquée par les intentions juvéniles, mais aussi, comme chez Webern, par la concision, la forme et la diversité, comme préludes au sérialisme intégral et théoricien des Structures [création : 12 Février 1945, à Paris (France)]. 10 xxx ++
1946 Sonatine (flûte et piano) [21 ans] Flûte-Piano. Une œuvre difficile qui d'emblée marie le dernier Debussy, Stravinsky et les 12 sons de Schoenberg (la Symphonie de Chambre op. 9) ; un seul thème avec 4 climats en un seul mouvement et un rejet clair de tout post-romantisme font de cette œuvre la première manifestation de la reconstruction d'après guerre, en «oubliant les années folles ; beaucoup de changements de tempo, de tourbillons, de violence, d'agressivité sont la caractéristique du Boulez jeune ; c'est sa première composition officielle, même si elle a été créée après la première Sonate (piano solo) [création publique : 1947 (sans précision), à Bruxelles (Belgique), création privée en 1946]. 14 xx ++
1946 Première Sonate (piano) [21 ans] Piano. Une première révolution de l'après guerre (la Sonate est contemporaine de la 7ème Sonate de Prokofiev et de la Sonate de Dutilleux, qui paraissent traditionnelles, en comparaison) : 2 mouvements très contrastés, le premier évasif, lent, le second, opposé, brusque en toccata et rapide, comme son inverse (et avec la même série, poussée au bout de sa logique) ; à l'audition, on est emporté par l'évidence d'autant que les 2 mouvements en duos se répondent par agrégats polyphoniques et que la mémoire remplit les vides ; les experts ont parlé du paroxysme ultime de la série Schoenbergienne, à laquelle s'ajoute une treizième note, le silence (mais pas celui de Webern) et c'est, avec les Notations, une unité compositionnelle du premier Boulez (rien à voir avec les Sonates n° 2 et 3) [création publique : 1946 (sans précision), à la RTF (Radio Télévision Française) à Paris (France)]. 9 xx ++
1947 Le Visage nuptial (voix et grand orchestre) [22 ans] Orchestre-Voix. Révisée en 1951, 1952 et 1985, 1989, selon le concept de «work in progress» de Boulez (et son expérience d'orchestrateur), c'est sa première œuvre avec voix et chœur de femmes (le duo fréquent entre les 2 solistes femmes, soprano, contralto, est prégnant) et c'est son premier mimétisme avec la poésie de René Char (concision, fulgurance, incandescence) ; relation amoureuse (le «j'aime» par une célèbre vocalise des sopranos et des altos du chœur), depuis la rencontre jusqu'à la rupture, et enthousiasme sonore en font une œuvre d'urgence d'une grande beauté (le premier orchestre rutilant de Boulez... dommage que la dernière version abandonne partiellement les quarts de tons et s'inscrive plus dans le sillage de Webern seul) ; un grand poème d'amour, de passion, et de sensualité en 5 parties, avec 5 nomenclatures instrumentales différentes : (1) "Conduite", une introduction sur l'attente amoureuse, tenue, douce, avec le grand orchestre sans chœur (très divisé, apparaissant plus petit), (2) "Gravité", plus lente, intime, secrète sur le désir, impatient voire fébrile, avec un orchestre réduit (et des quarts de ton), (3) "Le Visage nuptial", central, sur l'amour triomphant, enthousiaste, (4) "Évadné", une courte évocation de la paix suscitée par l'amour (dialogue orchestre - chœur), (5) "Post-Scriptum", retour à la solitude, après brisure des tourtereaux (orchestre réduit aux cordes et à la percussion) [création semi-privée en 1947 (réduite, à Paris), publique (orchestration modifiée) : 4 Décembre 1957, à Cologne (Allemagne)]. 20 xxx ++
1948 Deuxième Sonate (piano) [23 ans] Piano. Le monument de la littérature pianistique moderne (sérielle) qui a une telle dimension qu'elle a pu donner lieu à des interprétations très différentes (et également passionnantes) ; une œuvre certes difficile, mais incontournable, d'une beauté plastique exceptionnelle, que l'on a comparé à bon escient à la sonate "Hammerklavier" de Beethoven, non pas par le parallèle stylistique bien sûr, mais par l'aboutissement, le jusqu'au-boutisme créateur-destructeur, et aussi la préfiguration du futur, sur un champ laissé en ruines ; si les premiers interprètes ont privilégié la sauvagerie de la partition (au premier degré) en 4 mouvements, les suivants (ou les mêmes qui ont bien mûri) ont magnifié la poésie, la structure novatrice (il faut lire la partition), la puissance émotionnelle irradiante, la «largeur» orchestrale de l'instrument, l'énergie solaire qui se dégage, avec des explosions parfois, mais plus souvent des explorations (maîtrisées) vers l'inconnu, et ses ramifications qui donnent un plaisir à la fois intellectuel et hédoniquement sensuel, unique (à n'aborder qu'une fois bien installé dans la modernité!) [création : 29 Avril 1950, à Paris (création semi-privée : 1948, à Paris)]. 30 xxxxx ++
1948 Soleil des Eaux (soprano, chœur mixte et orchestre) [23 ans] Orchestre-Voix. Sur des poèmes de René Char, révisé comme le Visage Nuptial (au fur et à mesure de l'expérience de chef d'orchestre), en 1950, 1958 et 1965, c'est une œuvre novatrice pour le traitement des voix de sa seconde partie "la Sorgue" (psalmodie, véhémence, silences, bouche fermée) sachant que la première partie, comme souvent chez Boulez est son opposé (le chant est monodique, a capella, poétique) ; jamais, en 5 minutes, le style de chant n'avait été renouvelé ainsi depuis Wozzeck (Berg) et avant le Grand Macabre (Ligeti) [création publique : 1er Avril 1948, à Paris (version radiophonique de la R.T.F. pour voix et orchestre, retirée du catalogue), puis 18 Juillet 1950, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, et précédemment au Conservatoire]. 9 xxxxx ++
1949 Livre pour Quatuor (2 violons, alto, violoncelle) [24 ans] Quatuor-Cordes. Une œuvre ascétique-abstraite sans structure claire, d'écoute difficile, mais d'un extraordinaire pouvoir d'attraction par ses aspérités et ses silences, comme des soliloques, par sa vigueur, sa véhémence, et son alacrité ; une gageure pour les interprètes (la présence à une répétition est fascinante de difficulté et... de conflits potentiels), telle que le compositeur a décidé d'élargir cette œuvre à l'orchestre pour cordes en 1969 ; sur le plan historique, la pièce est importante car elle introduit un traitement sériel successif de tous les paramètres, prélude au sérialisme généralisé des Structures du premier Livre ; la pièce est d'exécution très difficile pour les interprètes (dans la version la plus récente, le tempo est réduit d'un quart, pour rendre la pièce plus exécutable) et elle n'est toujours pas terminée (en 1985, seulement 5 courts mouvements ou «feuillets», sur un total de 6, voire plus) et le compositeur l'a, un temps, retirée de son catalogue officiel au profit du "Livre pour Cordes" ; la pièce attend depuis 25 ans la finalisation (au moins) de son feuillet IV et c'est vraiment dommage, car outre le fait que c'est un des monuments du quatuor à cordes, autant sidérant que "La Grande Fugue" de Beethoven en son temps, c'est une expérience auditive inouïe qui parie sur des contraires généralisés (et superposés), sur des rythmes polymorphes complexes, et sur un chatoiement sonore infime qui ont plus qu'influencé Carter, Berio, Nono, Ferneyhough et tant d'autres [création privée : en 1949 à Paris, publique (partielle) : 15 Octobre 1955, à Donaueschingen (Allemagne) ; version quasi-complète des feuillants engagés (partie I a et b, II, III a, b, c, V, VI), 31 Mars 1985, par le Quatuor Arditti]. 44 xxxx +
1952 Structures, premier Livre (2 pianos) [27 ans] Piano-Piano. Une œuvre extrêmement difficile à jouer (et à écouter), mais qui représente l'emblème du sérialisme intégral ; seule l'écoute répétée que permet le disque permet d'apprécier ses correspondances (structure 1a) et de se laisser dériver vers le néant (structure 1b), puis de se perdre dans le continuum (comme un mouvement perpétuel, structure 1c) ; l'autre emblème du sérialisme est "Polyphonie X" (de la même époque et non encore publié) ; pour l'anecdote, Boulez a délibérément choisi, comme série des hauteurs (au sens du dodécaphonisme de Schoenberg), celle de Mode de Valeurs et d'Intensité de Messiaen (1948) [création : 4 Mai 1952, par Olivier Messiaen et Pierre Boulez, au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris]. 12 xxx +
1954 Le Marteau sans maître (voix d'alto et 6 musiciens) [29 ans] Flûte-Cordes-Percussion-Voix. Une œuvre emblématique par le scandale qu'elle a suscité à sa création, par ses innovations formelles (séquences courtes, hachées, peu contrastées), par l'apport de sonorités Balinaises, par son tempo fluctuant (rendant l'exécution redoutable pour les chefs), par sa dimension kaléidoscopique (flottant sur rien) ; annoncée par provocation comme une suite du Pierrot Lunaire de Schoenberg (à tort car ce n'est pas du tout du théâtre musical, les instruments choisis sont sans rapport et le chant pur remplace le parlé chanté dit Sprechgesang) ; le texte, d'une grande poésie abstractive, est repris de René Char, et l'on est vite séduit, fasciné par l'alchimie novatrice de la combinaison des instruments, sans rituel, sans culmination ; le Marteau est une promenade apparemment désorganisée (faussement) où chaque étape s'inscrit dans ses voisines (précédente, suivante) avec des clins d'œil au leitmotiv Wagnérien ; comme souvent chez Boulez, l'interprétation est passée (au fil du temps) de l'abstraction sauvage à la poésie solaire [création publique : 18 Juin 1955, à Baden Baden (Allemagne), et précédemment en 1954 au Conservatoire de Paris, en concert privé]. 38 xxxxx +++
1956 Structures, deuxième Livre (2 pianos) [31 ans] Piano-Piano. Une œuvre plus accessible que le premier Livre et qui fait pendant à la Troisième Sonate en tant qu'œuvre ouverte (révision : 1961) ; peu jouée, malgré un premier succès, cette partition devrait être ré-interprétée par de jeunes pianistes qui n'ont pas connu l'aridité culturelle de cette époque ; 2 parties (2 livres qui se feuillettent différemment), la première fait dialoguer les 2 pianistes avec toute la palette sonore et la seconde appelle l'œuvre ouverte dans une grande subtilité de délégation (qui requiert des interprètes imaginatifs et même créatifs, ce qui est rare) et une fantastique mobilité (que l'on retrouve dans le Quatuor) [création : 21 Octobre 1961, Festival de Donaueschingen (Allemagne), par Yvonne Loriod (épouse d'Olivier Messiaen) et Pierre Boulez, et précédemment en 1956, en concert privé]. 20 xxx ++
1956 Troisième Sonate (piano) [31 ans] Piano. Le symbole de l'œuvre ouverte, car une des premières partitions à exécution aléatoire ; mais la liberté laissée à l'interprète relève du hasard dirigé (tempos, dynamiques et … ordonnancement des parties jouées), pas de la liberté totale (cf. Cage et Stockhausen) ; le procédé fait long feu, car un interprète est rarement un créateur (parfois un improvisateur), et avec le temps l'ordonnancement choisi est le même (d'autant que le troisième formant "Constellation-Miroir" doit rester central et ne peut que bouger sur lui-même) ; à titre anecdotique, l'œuvre est inachevée (depuis, elle aurait pu être terminée, mais il faut croire que son inachèvement est un pied de nez à son caractère ouvert, même si le compositeur indique en 2008 qu'il pense toujours y retravailler) ; sur le plan musical, l'œuvre est un pur bonheur des sens (cérébral) avec une palette de rythmes et de contrastes qui fait pendant au Klavierstück contemporain (ouvert) de Stockhausen, avec des blocs sonores à densité variable [création : 25 Septembre 1957, Festival de Darmstadt (Allemagne), et précédemment en 1956, en concert privé]. 21 xxxx ++
1958 Figures Doubles Prismes (grand orchestre) [33 ans] Grand Orchestre. Une œuvre de facture classique dont les maladresses de composition ont été rectifiées en 1964 et 1968 et le contenu étendu, avec l'expérience de chef d'orchestre acquise (en partie seulement, car en 2008 le compositeur a déclaré vouloir revoir le début parce qu'à l'époque le compositeur pensait qu'un schéma suffisait à définir le caractère d'une pièce alors que ce n'est plus le cas, le schéma est trop simplifié pour donner le caractère recherché d'un moment musical) ; le style, caractéristique de Boulez, est fait de succession de mesures courtes, parfois brutales (comme des interjections) suivies de phrases longues déployant un groupe instrumental (avec, au concert, une spatialisation) ; le final est une grande réussite -ajout tardif- avec une mélodie ample, linéaire, allusion au Concerto de Violon "A la Mémoire d'un Ange" d'Alban Berg ; la pièce doit encore être révisée (au moins son début) [création de "Doubles" : 16 Mars 1958, à Paris, puis de la première version complète en tryptique, à Bâle, le 10 Janvier 1964]. 20 xxx +++
1962 Pli selon Pli, Portrait de Mallarmé (soprano et orchestre) [37 ans] Orchestre-Voix. Révisée en 1989, une œuvre fétiche des années d'après sérialisme (première ébauche en 1957), marquée par l'instrumentation moderne (vibraphones) ; commencée comme un brouillard léger, qui en se dissolvant, magnifie des objets, qui se déroulent comme un livre et un portrait de Mallarmé ; une poésie intense et sensuelle s'y déploie, l'écoute devient curieuse et tombe sous le charme ; pour les amateurs de piano, il faut écouter la première version dénommée "Don" pour piano solo (1959, avant orchestration pour Pli selon Pli, éventuellement avec soprano) qui est un bijou, étincelant de poésie rythmique [création : 20 Octobre 1962, au festival de Donaueschingen (Allemagne)]. 67 xxxxx +++
1966 Eclat/Multiples (orchestre) [41 ans] Petit Orchestre. La première œuvre de Boulez qui se démultiplie en miroir : "Éclat" et "Multiples" peuvent être joués séparément, mais au cours d'une même audition, le premier devient un prélude au second (qui comporte 9 altos, un cor de basset et un piano, en plus). "Éclat" est la première incursion de Boulez dans le dialogue entre instrumentistes ou entre groupe d'instruments qui sera suivie par "Dialogue de l'Ombre Double" ou "Domaines" ou "Dérive", voire "Répons"... un dialogue jubilatoire, limpide, jouissif, en forme de jeu, pour les musiciens et pour les auditeurs [création pour "Éclat" : 26 Mars 1965 à Los Angeles (USA) ; pour le dyptique : 21 Octobre 1970, Londres (Grande-Bretagne)]. 28 xxxx ++
1968 Domaines (clarinette solo et 6 groupes instrumentaux) [43 ans] Clarinette concertante. Une des dernières œuvres partiellement ouvertes de Boulez dans laquelle l'interprète soliste (qu'il faut absolument écouter en concert "promenade" au sens premier du terme, le soliste se mouvant sur la scène, comme un voyageur de l'intérieur) interpelle un par un et dans l'ordre qu'il choisit chacun des 6 groupes de musiciens ; ce dialogue plus sectoriel qu'antagoniste rappelle le «bœuf» jazzistique dans lequel chacun fait le maximum pour porter l'autre au summum de l'expression commune ; la seconde partie, de durée égale, ne se distingue pas de la première par la couleur, le rythme... c'est un miroir (mais pas un miroir symétrique, car l'ordre des éléments constitutifs est également ouvert au soliste) ; à ne pas manquer l'épisode de «cancanage» des bois (irrésistible et ludique), stoppé par la clarinette, puis repris (en forme de trémolos) par les cordes ; une version pour basson, à la place de la clarinette, a été réalisée par le compositeur [création pour clarinette seule : 20 Septembre 1968 à Ulm (Allemagne) ; pour la version concertante : 20 Décembre 1968, à Bruxelles (Belgique)]. 30 xxx ++
1969 Livre pour Cordes (petit orchestre à cordes) [44 ans] Grand Ensemble. Extension des sections Ia et Ib du Livre pour quatuor, c'est une pièce en devenir dont la filiation instrumentale est évidente (Bartók) mais dont le résultat auditif en est très éloigné (dernière version, 1989) ; les 4 voix du Livre pour Quatuor deviennent ici polyphonie à 12 ou même 16 parties, avec un raffinement des timbres inouï [créations : Ia, 1er Décembre 1968, à Londres ; Ib, 8 Décembre 1968, à Brighton (Angleterre) ; ensemble, en 1969 (non vérifié)]. 10 xxx ++
1970 Cummings ist der Dichter (22 musiciens et chœur) [45 ans] Ensemble-Voix. Cette œuvre constitue le tournant pour Boulez (et beaucoup d'autres compositeurs liés à Darmstadt) vers une musique moins aride, plus accessible et toujours poétique, ce que ses détracteurs décriront comme des concessions ; le poème de Cummings doit non seulement être lu avant l'audition (le traitement musical le rend incompréhensible, et les rythmes de l'harmonie sont quasi-soudés à la structure syllabique du texte), mais surtout vu (structure graphique) pour apprécier sa beauté et son originalité (dislocation des phrases) ; comme toujours, la pièce a fait l'objet d'améliorations successives : dernière révision en 1986 (24 musiciens, orchestration) ; une pièce lente (voire éthérée), au cheminement quasi étiré, raffinée, avec des scintillements brefs (coups d'archets), parfois violents (urgence des voix solistes) ; après des décennies, la pièce affiche sa patine, datée mais solide, avec les longs tenus moirés par des irisations fugitives (sans micro-tonalité, malgré la mode spectrale de l'époque) et une fluidité sonore (texte-bruit-musique) subtile ; l'anecdote de son titre traîne partout : un quiproquo entre Boulez, alors peu Germanophone, et une secrétaire insistante, le ramène au laconique «Cummings, c'est le poète» [création : 25 Septembre 1970, à Stuttgart (Allemagne)]. 12 xxx ++++
1973 Explosante-fixe (8 musiciens et électronique) [48 ans] Cordes-Percussion-Vents-Informatique. Une première version composée en 1972 avec halaphone, une électronique primitive, a paru imparfaite au compositeur : elle est profondément remaniée à plusieurs reprises et finalisée pour flûte Midi, deux flûtes solistes, ensemble et électronique, beaucoup plus convaincante pour l'orchestration et surtout les capacités de traitement informatique de l'électronique en temps réel en 1991 (l'halaphone était une machine que l'on qualifierait aujourd'hui de désuète) ; lors de sa création en 1973, la pièce est très innovante par l'emploi de cette machine réverbérante et multipliante, dans le cadre des 20 séquences, dominées tour à tour par l'un ou l'autre des 8 solistes, avec une part d'aléatoire ; la version finale est d'une grande densité harmonique par superposition directe ou retardée ou déformée des instruments et de leurs transformations informatiques (elle utilise pour la première fois un «score-follower» ou suiveur de partition, un informaticien-musicien qui déclenche les évènements électroniques, en fonction de signaux précis émis par l'instrumentiste) ; la version originelle, d'avant 1972, a été renommée "Mémoriale" et retravaillée (elle ne dure plus que 5 minutes, purement instrumentales) [créations : 5 Janvier 1973, à New York (USA), et en Octobre 1973, à Bordeaux (France)]. 36 xxxx ++
1975 Rituel in Memoriam Bruno Maderna (orchestre en 8 groupes) [50 ans] Petit Orchestre. Une œuvre facile et belle qui privilégie les percussions, notamment d'influence extrême orientale, avec des rythmes intriqués au cours d'une procession (funéraire) ; les séquences paires des petits groupes instrumentaux sont ouvertes (y compris par permutation) ; le petit orchestre est divisé en 8 groupes de taille croissante, allant d'un seul hautbois à 14 cuivres ; pour l'anecdote, sa construction a été comparée à la Symphonie des Adieux, car elle se termine par l'abandon progressif des instrumentistes (en fait l'œuvre est en 2 parties, une montante et une descendante et fait également penser au Boléro de Ravel, par son côté répétitif et crescendo) ; le plaisir auditif est immédiat, presque jubilatoire (ses détracteurs ont dénoncé les concessions de Boulez au Grand Public) [création : 2 Avril 1975, à Londres (Angleterre)]. 30 xxxx +++++
1976 Messagesquisse (violoncelle solo et 6 violoncelles) [51 ans] Violoncelle-Violoncelles. Une œuvre qui va bien au delà de l'hommage de circonstance sur le nom du mécène Paul Sacher : c'est une conversation (en 4 sections) entre un violoncelle soliste (d'une grande virtuosité) et 6 violoncelles du rang, dans toutes ses composantes, violente, sauvage, confidente, âpre, enjôleuse, pour se terminer dans une urgente diatribe ; une adaptation pour 7 altos a été réalisée par le compositeur (2000) [création : 3 Juin 1977, à La Rochelle (France), avec Mstislav Rostropovitch en soliste]. 8 xxxx +++
1980 Notations (grand orchestre) [55 ans] Grand Orchestre. Un projet en devenir depuis 1978 pour «orchestrer» les 12 Notations pour piano de 1945 (orchestration fortement développée, car la durée est doublée) : aujourd'hui seules, les Notations 1, 2, 3, 4, 7 sont achevées et elles sont d'une maîtrise et d'une beauté sauvage extraordinaires ; la "1" modérée, mystérieuse et narquoise, la "2" très vive, déhanchée, festive, insistante, au finale époustouflant (devenue un «tube»), la "3" lente, méandreuse, suspendue, puis étirée, la "4" rythmique, chaotique, la "7" rêche et âpre (aussi, plus longue, environ 9 minutes) ; note : elles peuvent être jouées dans n'importe quel ordre, et en totalité ou indépendamment [créations : "1-4", 18 Juin 1980, salle Pleyel, à Paris (France), "7", 14 janvier 1999, Chicago (USA)]. 17 xxxx ++++
1981 Répons (solistes, ensemble, électronique en direct) [56 ans] Ensemble-Informatique. Certainement l'œuvre de Boulez qui combine une grande originalité et une bonne accessibilité, tout en utilisant pour la première fois à l'orchestre les techniques d'informatique live ; la pièce est spatialisée, avec au centre un petit ensemble instrumental et à la périphérie d'un rectangle avec 6 solistes (percussions) qui ceinturent le public, de multiples dialogues s'instituant entre les 2 pôles et entre solistes, par l'intermédiaire de l'ordinateur et 6 hauts-parleurs qui transforment le son des seuls solistes ; après une introduction où se déploient des solos d'instruments à vent et à cordes, suivent 8 sections développant chacune une idée musicale (un accord pour la 1ère, une cadence précipitée pour la 3ème, une formule pianistique répétitive pour la 4ème, un rythme obsessionnel pour la 8ème), sachant qu'un motif musical relativement stable projeté par un instrument s'oppose à une riche ornementation (variation, écho, spectre, ...) de l'ensemble orchestral qui virevolte et scintille ; enfin, la coda épuise toute l'énergie précédente pour se dissoudre dans le silence ; il est impossible de décrire en détail cette pièce complexe, mais il faut absolument l'écouter en concert à des places variées (l'audition change en fonction des solistes proches) et se laisser porter par sa sensualité déroutante, libre et calculée, très mobile et apparemment hiératique, par la magie sonore générale, par le tourbillon créé par l'entrée en scène de l'informatique, et par l'épisode central qui est une musique de pluie parmi les plus belles composées à ce jour ; le compositeur a indiqué à plusieurs reprises (même en 2009) son intention d'une version définitive pour une durée double soit 90 minutes (pour une soirée de concert unique avec un tel schéma instrumental) [création (1ère version) : 18 Octobre 1981, au festival de Donaueschingen (Allemagne)]. 45 xxxxx ++++
1984 Dérive 1 (6 musiciens) [59 ans] Chambre (1 flûte, 1 clarinette, 1 vibraphone, 1 piano, 1 violon, 1 violoncelle). En 1984, "Dérive 1", pour 6 instruments (révisée en 1990 et 2000), est, comme "Dérive 2", une étude sur la cohérence entre la dérivation voulue et la prolifération bourgeonnante, pour petit ensemble de chambre, denses, bâties (comme souvent chez Boulez) sur des bouts de partitions précédentes, abandonnés ou insuffisamment exploités (pour Dérive 1 : "Messagesquisse") ; en 2 sections, la pièce est d'abord très lente à la marche incertaine, comme une courte élégie-rêverie, ensuite plus mélodique (piano : notes graves), et ornée sans arrêt par des groupes de petites notes ; l'association des instruments et des notes en grappe est fabuleuse, un (court et subtil) must ; Extrait-Vidéo [création : 8 Juin 1984, à Bath (Angleterre), par le London Sinfonietta]. 6 xxxx ++++
1985 Memoriale (flûte solo et 8 musiciens) [60 ans] Flûte-Chambre. Un petit bijou issu du projet initial conçu pour "Explosante-Fixe" de 1972, reformulé et retravaillé ; ici, il s'agit d'une pièce pour instruments sans électronique et sans développement, soit pour formation de chambre, soit pour ensemble ; la pièce a d'abord été conçue comme une pièce pour flûte solo, avant la composition des autres parties (ajout de 2 cors et un ensemble de cordes : 3 violons, 2 altos, un violoncelle) : la flûte reste prépondérante, concertante avec des trémolos (flutter tongue) et des trilles, mais les 3 groupes d'instruments forment une sorte de continuum de timbre, entre une sonorité claire ou transparente (précise, focalisée, sans vibrato, par les cors) et une sonorité voilée ou floue (par la flûte), avec entre ses deux extrêmes, les instruments à cordes, qui fluctuent sans cesse, voire fantômatisent du flou au limpide (les 2 cors et les 6 cordes ont un rôle fuyant comme des ombres entourées de soupirs, face à la flûte virtuose)... fascinant jeu de timbres et de pupitres ; à noter que, mise à part l'idée conceptuelle, le compositeur a tâtonné dans cette affaire, avec un premier titre, remplacé par un second, puis par un troisième, selon l'effectif instrumental et le développement de la partition, alors que plus tard pour "Anthèmes", parallèlement pour violon, il a simplement choisi les titres I, II, et II [création : version de chambre à 9 instrumentistes : en 1985 (date non précisée) ; version pour ensemble à 25 instrumentistes, avec un autre titre, "Originel", 11 Novembre 1993, à New York (USA)]. 6 xxx +++
1985 Dialogue de l'Ombre Double (clarinette et électronique) [60 ans] Clarinette-Bande. Une œuvre magnétique, extraordinaire par sa multiplicité (le soliste et son double, les lignes mélodiques qui s'enchevêtrent, la réalité et le rêve) à partir d'un matériau unique et mémorisé (donc déformé, en miroir, soliloqué) ; une alternance de strophes et de transitions interprétées par le même instrumentiste : les 6 strophes (chacune centrée sur une idée unique) sont jouées sur scène «en direct» et les transitions (des tuilages entre les strophes) ont été préalablement enregistrées et sont diffusées par haut-parleurs ; l'opposition entre les parties de clarinette (interprète et bande) ne se fait que rarement par superposition des lignes, créant plutôt une polyphonie à deux voies, par successions ; mais le dialogue (conversationnel) qui suit le parcours irréversible du temps, est ici schizophrénique (dédoublement de personnalité), et ressemble davantage aux méandres d'une réflexion intérieure, le temps n'étant pas linéaire, mais circulaire, ce qui est corroboré par l'existence de 2 trajets interprétatifs (chiffres arabes, chiffres romains) pour cette œuvre semi-ouverte ; version originale pour clarinette et bande, puis avec électronique ; enfin, adaptation pour basson et électronique en 1995, et aussi pour saxophone en 2001 [création : 28 Octobre 1985, à Florence (Italie)]... de la même veine (mais spatialisée et avec ensemble) : "Domaines" (1968). 18 xxxx +++
1988 Dérive 2 (11 musiciens) [63 ans] Petit Ensemble. En 1988, "Dérive 2", de durée plus longue que "Dérive 1" (16 minutes), et en plus étendue à 11 musiciens (révisée et allongée à 21 minutes en 2001, puis en 2006, considérablement, pour atteindre 45 minutes) : il s'agit aussi d'une étude sur la cohérence entre la dérivation voulue et la prolifération bourgeonnante, pour ensemble de chambre, dense, bâtie (comme souvent chez Boulez) sur des bouts de partitions précédentes, abandonnés ou insuffisamment exploités (pour Dérive 2 : "Éclat") ; la pièce initiale, également en 2 sections comme "Dérive 1", avec un cor Anglais bouché récurrent, est une méditation donnant une sensation de mystère ; de la partie ajoutée en 2006 (un troisième mouvement et des extensions pour les 2 autres), ressortent les irisations produites par un continuo à 4 instruments, une sensualité heureuse, un nouveau lyrisme, et, à la fin, une riche virtuosité avec une mise en place confondante ; une sorte de «mille-feuilles temporel» où se juxtaposent et se superposent différentes couches de temps musical (avec un clin d'œil voulu, mais distant à György Ligeti) ; une sorte de concerto pour petit ensemble, vif-lent-vif, d'une inventivité prodigeuse, balade rythmique qui ne semble pas avoir de fin [création : 21 Juin 1990 à Milan par l'Ensemble Intercontemporain, et 7 Novembre 2006, Cité de la Musique, Paris (France) pour la version de 45 minutes] 45 xxx +++
1992 Anthèmes I et II (violon et électronique) [67 ans] Violon (seul ou informatisé). D'abord 6 minutes pour violon seul (Anthèmes I) : fondée sur un bloc sonore de 7 sons dont sont dérivés ses développements par imbrications et interruptions alternatives, ainsi que sur la permanence d'une note-pivot ; en 1997, un prolongement aérien, au souffle unique, Anthèmes II, pour violon et électronique en temps réel : savant et accessible, comme les derniers Boulez, en multipliant la diversité des modes d'attaque de la corde et de l'archet, caractérisant ainsi au moyen du timbre les articulations formelles d'une écriture fondée sur l'alternance de traits de virtuosité et de césures contemplatives ; l'œuvre, en 9 courtes sections, est ainsi augmentée par le biais d'une spatialisation électronique et d'un développement figuratif (la contribution de l'électronique est un remarquable éclairage de la partition, en contrepoint ou en décalé, sans facilité et sans typage temporel) ; en préparation, la version (III) pour violon et petit orchestre sans électronique prévue pour le centième anniversaire de la naissance de Paul Sacher, mais retardée [créations : I, 18 Novembre 1991, à Vienne (Autriche), II, 19 Octobre 1997, à Donaueschingen (Allemagne)]. 21 xxx ++++
1994 Incises (piano) [69 ans] Piano. Une œuvre très belle, miroitante, mais trop courte (des extensions sont attendues) : dans son état provisoire, la partition comprend 2 parties : une brève introduction, à la manière d'un prélude, opposant des figures contrastées, verticales (blocs) et horizontales (traits) ; un développement rapide d'un seul tenant, composé de traits de virtuosité suivant le schéma anacrouse (groupes-fusées), accent (notes répétées), désinence (arabesques), le tout réalisé selon la technique des mains alternées assurant un flux ininterrompu [création : 21 Octobre 1994, à Milan (Italie)]. 7 xxx +++
1996 Sur Incises (3 pianos, 3 harpes, 3 percussions) [71 ans] Piano-Percussion-Cordes pincées. Une œuvre aux timbres originaux (emploi du steel band Antillais) qu'un enregistrement vidéo didactique du compositeur permet d'apprécier à plusieurs vitesses d'exécution ; presque mathématique, tant les retournements de phrase d'un groupe à l'autre sont audibles, la pièce vise à saturer l'écoute par une profusion d'événements, chaque instrumentiste jouant une partie indépendante, ce qui conduit à une polyphonie luxuriante ; elle est caractérisée par un lyrisme chatoyant, une grande virtuosité (percussive) avec des trilles vertigineuses, un jeu (au sens de ludique) vraiment jouissif et une couleur à dominante très métallique (impact du steel band, foisonnement des harpes) ; en 3 groupes instrumentaux, chaque piano est souligné dans sa résonance par la harpe et la percussion ; en 2 parties enchaînées et contrastées, la première contemplative, qui joue sur les combinaisons sonores et les résonances mystérieuses comme en suspension, la seconde plus vive, plus effrénée et chaloupée, pour finir en revenant sur la résonance jusqu'au silence ; Extrait-Vidéo [création : 27 Avril 1996 à Bâle (Suisse), d'une première version de 12 minutes]. 37 xxxx ++++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours]

légendeNé le 26 Mars 1925

M.A.J.-Actus : 2010/03/14.
Création d'une pièce non titrée pour ensemble dédiée à Henri Pousseur, le 13 Mars 2009 au festival Belge Ars Musica ; création de l'extension de Dérive 2 en Novembre 2006, passant ainsi de quelques minutes à 45 minutes (puissant, poétique), repris en Mars 2010 ; travaux en préparation : Notations 8 (création probable au festival de Lucerne à l'Eté 2009, reporté), Anthèmes 3, pour violon et orchestre (sans électronique) ; l'opéra projeté d'après un livret de Jean Genet est définitivement abandonné (comm. pers.) ; envisage une série de pièces avec ensemble sans chef à partir du matériau d'une courte pièce de piano de 2007

 

Actualisation de la page : 25-Mai-2010

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2010 Pour retourner à la page d'accueil: Bienvenue !
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