| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Frédéric Durieux [1959, France (Paris) - ], après l'adolescence à Grenoble (Conservatoire de Région, 1981), suit le cursus classique du compositeur en France (Conservatoire national de Paris), avec comme professeurs Betsy Jolas et Ivo Malec pour la composition (1984) ; il y approfondit sa formation avec Alain Poirier en analyse et André Boucourechliev en composition (1986), puis participe à des masterclass avec Brian Ferneyhough, Franco Donatoni, Gérard Grisey, Hugues Dufourt, György Ligeti et Tristan Murail ; très tôt, il participe acivement aux travaux de l'Ircam (1985-1987), puis est 2 ans pensionnaire de la villa Médicis à Rome (1987-1988), avant d'évoluer vers l'enseignement (Ircam en résidence et Conservatoire national de Paris, dès 1991) ; le personnage est un intuitif-instinctif (mais construit), avenant, pro-actif et indépendant, avec un certain franc-parler critique objectivé (qui lui a valu quelques déconvenues). Site Internet personnel : www.fredericdurieux.com... Première œuvre significative : "Parcours Pluriel" (1987, pour ensemble et électronique live, réalisée à l’IRCAM). Instrument pratiqué : piano. | Moderniste-Synthétique (tendance colorisme). Frédéric Durieux est un compositeur prometteur, résolument moderne et actuel, sans esprit avant-gardiste radical, avec un catalogue cohérent (mais limité et contraint, hélas, par ses activités pédagogiques), marqué par les techniques modernes de l'électroacoustique (en ayant parfaitement intégré l'héritage post-sériel et spectral, en marquant ses préférences initiales pour Pierre Boulez, Luciano Berio, Ivo Malec ou le Tristan Murail de la deuxième période) ; sa musique est toute de magie de couleurs sonores (chatoyantes), souvent dans le registre sombre (avec un timbre et une patte spécifiques), savante et intelligente dans sa construction (très structurée, souvent par blocs), dans ses références (notamment poétiques, par exemple Yves Bonnefoy), exigeante (d'un haut niveau de qualité d'ensemble) ; son style est marqué par un grand raffinement dans l'harmonie, une clarté typiquement Française, une connivence ludique dans son dialogue avec l'auditeur, et une souplesse typique (lenteur, frémissements) dans l'invention et l'articulation (tout au plus pourrait-on souhaiter qu'il prenne davantage de risques pour que sa musique soit plus immédiatement identifiable et unique) ; comme Pierre Boulez, la notion de matériau en développement par extension d'effectifs ou d'éclairages est importante chez lui (avec étapes et révisions à la clé, mais sans aller vers le «work in progress»)… Pièces emblématiques (sur un total d'une trentaine, souvent avec électronique accompagnante) : "Seuil déployé" (1989, pour ensemble, non écouté en concert), "Là, au-delà" (1991, pour ensemble, dramatique et arpégé, jouant sur la mémoire incidente par la répétition pseudo-involontaire), "Devenir" (1993) et ses prolongement-extensions "Werden" (ou "Devenir II", 1993-2001) et "Initial" (ou "Devenir III", 1993-2002), "So Schnell, Zu Früh" (1993, pour soprano, ensemble et électronique live, un tombeau-hommage rutilant), "Départ (In memoriam Dominique Troncin)" (1995, pour clarinette, non écouté en concert), "Traverse I, II, II" (1995-2003, pour grand orchestre), "Here not There" (2007-2009, pour quatuor à cordes et électronique, un brillant jeu d'alternance, puis de mélange glissandi-staccati). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1993 | Devenir (clarinette et électronique en temps réel) [34 ans] | Clarinette-Informatique. Une œuvre à la fois puissante et déroutante, le soliste (et son spectre électronique) se cherchant sans se trouver ; la pièce associe une clarinette solo amplifiée (clarinette en si bémol et d'une clarinette basse) à un environnement informatique, la Station d'Informatique Musicale de l'ircam (l'instrument soliste a été préalablement enregistré et échantillonné) qui modifie l'enregistrement en temps réel (transformations sonores, spatialisation, déclenchement de séquences) ; aucune confrontation entre le soliste et l'électronique mais une démultiplication de la clarinette en une série de transformations et de figures issues du jeu en direct, la spatialisation révélant alors les couches diverses qui se superposent ; le titre provient de cette idée d'évolution de la sonorité d'un instrument, ou d'une idée musicale, mais aussi de ce flot incessant de la vie (l'instant présent, la mémoire, un devenir infini) [création : 1er Juillet 1993, à l'Ircam, à Paris]... de la même veine, "Départ" (In memoriam Dominique Troncin, 1995) également pour clarinette solo, plus accessible, par ses affinités avec Dutilleux. | 18 | xxx | +++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 27 Février 1959
M.A.J.-Actus : 2009/02/07. | Travaille actuellement sur un cycle vocal pour soprano et à un concerto pour violoncelle ; création de la première version de son Quatuor n°1, le 31 mars 2007, au Festival le Printemps des Arts de Monaco (version finale, réussie, à l'Ircam, le 5 Février 2009) |
Actualisation de la page : 12-Juin-2010 |