| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Christophe Bertrand [1981, France (Wissembourg, près de Strasbourg) - 2010, France (Strasbourg), décédé par suicide à 29 ans] étudie au conservatoire de Strasbourg, le piano et la musique de chambre, puis avec Ivan Fedele la composition (1996-2000) ; il complète sa formation par un stage d'un an à l'Ircam à Paris (2000-2001), notamment avec Philippe Hurel, et aussi Tristan Murail, Brian Ferneyhough et Jonathan Harvey ; il réside tantôt à Strasbourg, tantôt à Paris, jusqu'à son séjour à Rome à la Villa Medicis (2008 - 2009) ; le personnage est incontestablement sociable, construit, organisé (il a co-fondé l'ensemble In Extremis en 2001), ambitieux, énergique («pêchu»), enjoué, mais il cache mal les désordres d'une grave maladie mentale à type de troubles bipolaires qui le conduit trop souvent en hôpital psychiatrique et plombe les (courts) moments de sérénité, voire de bonheur, par l'angoisse morbide, le carcan des obsessions et la souffrance latente, jusqu'à l'irréparable (maintes fois, au stade de la seule menace, selon des proches). Site Internet personnel : www.christophebertrand.fr... Première œuvre significative : "Treis" (2000, prononcer «tréhiss», composée à 19 ans, pour violon, violoncelle et piano). Instrument pratiqué : piano. | Moderniste-Synthétique (poly-rythmique). Christophe Bertrand est un compositeur marquant, beaucoup trop tôt disparu (un vrai météore, le recul manque pour discerner son apport à l'histoire de la musique) ; sa vocation de compositeur est due à la rencontre avec la musique de György Ligeti ("KammerKonzert" ou Concerto de Chambre), devenu un vrai mentor (qu'il n'a pas rencontré, semble-t-il), puis à l'influence posthume d'Edgard Varèse et de Iannis Xenakis ; il est fasciné par les rythmes (comme Nancarrow ou le dernier Ligeti, mais sans être un épigone, car au contraire, il utilise beaucoup la micro-tonalité et la division des pupitres, et avec une clarté incomparable), et aussi par les rituels et les répétitions (jusqu'à l'abîme et à l'obsession) ; depuis "Hendeka" et "Vertigo", il a systématisé une technique innovante de composition qui cisèle un petit fragment de 4 triples croches en ajoutant un huitième de soupir, puis répète ces 4 triples croches en ajoutant 2 huitièmes de soupir et ainsi de suite (aussi dans des ordres inverses ou d'autres combinaisons, d'autres vitesses), pour des effets synchrones ou asynchrones de spirales ou de tourbillons jusqu'au vertige ; après un premier essai infructueux à l'Ircam ("Dikha", 2002, pour clarinette et dispositif électronique, retiré du catalogue), il se dit réfractaire à l'électroacoustique ; sa musique de chambre, ludique mais un peu moins accessible, représente un défi d'interprétation redoutable (rythmique, mise en place) pour les instrumentistes ; malgré un mental noir-noir (maniaco-dépressif), ses compositions sont des pièces lumineuses, complexes (des calculs millimétriques tant la précision et la quantité de micro-intervalles sont notables, avec les difficultés d'exécution qui s'en suivent), dynamiques et resserrées (aucune pièce de plus de 30 minutes, pas de mouvement très lent ou extatique), et même typiquement virtuoses, mais qui sonnent bien et se mettent remarquablement en place, avec une grande vitalité… Pièces emblématiques (sur un total d'une trentaine, en à peine plus d'une dizaine d'années, de haute qualité générale, avec seulement 2 petites compositions -de 6 minutes- pour piano solo, lui qui est pianiste virtuose) : "Yet" (2002, pour ensemble, non écoutée en concert), "Mana" (2005, pour orchestre, brillant et fascinant de virtuosité), Quatuor à cordes n°1 (2005-2006, vibrionnant), "Sahn" (2007, pour clarinette basse, violoncelle et piano, lancinant, exacerbé), "Hendeka" (2008, pour violon, alto, violoncelle et piano, mouvant et asynchrone), Concerto "Vertigo" (2008, pour 2 pianos et orchestre, vertigineux, un must), "Scales" pour grand ensemble (2010, non écoutés, jamais joués en France), "Okhtor" (2010, pour orchestre, son chant du cygne, avec une esthétique nouvelle). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 2005 | Mana (orchestre de 70 musiciens) [24 ans] | Orchestre (petit). Une œuvre virtuose et accessible, à la fois Rock et moderne, d'une grande vitalité, avec révérence obligée à Varèse et à Boulez (peut-être aussi, quoique pas admise publiquement, à Jolivet qui a composé un autre "Mana" pour piano s.. . .. . suite | .. . plus (portrait compositeur) | 9 | xxx | +++++ |
| 2008 | Vertigo (2 pianos et orchestre) [27 ans] | Piano concertant (2 pianos à 4 mains). Une œuvre brillantissime, féerique, vertigineuse (le titre est repris d'une pièce de György Ligeti, avec aussi une complicité pour le titre éponyme du film d'Alfred Hitchcock, en Français «Sueurs froides», sorti.. . .. . suite | .. . plus (portrait compositeur) | 21 | xxxx | ++++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, Projets] | Né le 20 Avril 1981
M.A.J.-Actus : 2011/02/19. | création du Quatuor n°2, le 24 Septembre 2011, à France 3 Alsace ; création de "Okhtor", pour grand orchestre, le 11 Février 2011, à Strasbourg ; création de "Ayas", pour cuivres et percussions, le 16 Novembre 2010, à Strasbourg ; création de "Diadème", à Musica, le 5 Octobre 2010 | Conseil-découverte : "Mana" (2005, pour orchestre)
Conseil-approfondissement : Concerto "Vertigo" (2008, pour 2 pianos et orchestre) |
Actualisation de la page : 29-Janvier-2011 |