| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Emmanuel Nunes [1941, Portugal (Lisbonne) - ] (prononcer «nouness») étudie à Lisbonne, de 1959 à 1963, l'harmonie, le contrepoint et la fugue à l'Académie de Musique, avec Francine Benoît (et parallèlement, de 1961 à 1963, la philosophie) ; puis il voyage pour élargir son apprentissage compositionnel, d'abord à Darmstadt (1963-1965), avec Henri Pousseur et Pierre Boulez, puis à Cologne (1965 à 1967), avec Karlheinz Stockhausen et Jaap Spek (musique électronique), et séjourne à Paris (Conservatoire, en 1976-1977), puis à Berlin (DAAD, en 1978-1979), avant de se tourner vers l'enseignement (Harvard, Lisbonne), et d'habiter à Fribourg-en-Brisgau de 1986 à 1992, et Paris, depuis 1992, en tant que professeur de composition au Conservatoire de Paris, jusqu'à sa retraite en 2006 ; personnage éminemment sympathique et dynamique, sa vie a été marquée (troublée) par une paralysie partielle (polyo), mais il a continué ses activités publiques grâce à un courage et une volonté exceptionnels, unanimement salués... Première œuvre significative : "Omens I et II" [Présages] (1972, pour ensemble de chambre). Instrument pratiqué : piano. | Moderniste-Postsériel. Emmanuel Nunes est un compositeur établi qui a développé à partir de l'héritage sériel (notamment de Henri Pousseur et de Stockhausen avec l'électroacoustique et la «forme momentanée») une recherche propre en matière de spatialisation et de temps réel, paramètres importants de son écriture (à partir de 1989, il travaille assidûment à l'Ircam) ; son style, singulier, rigoureux, et exigeant pour l'auditeur (mais ni hermétique, ni hyper-dissonant), est signé par une esthétique propre de l'harmonie (plutôt sèche, voire rugueuse) et du timbre (plutôt resserré), souvent fondés sur des nombres déterminés de notes ou des chiffres (une magie intellectuelle), par une poésie de l'intelligence, mais aussi du rêve ; sa musique paraît souvent segmentée (des pleins et des déliés au sein d'une figure en mouvement), avec des pulsations à la régularité cachée sur des trajectoires courtes et rapides, donnant une impression auditive de mouvance errante (accentuée par la spatialisation) … Pièces emblématiques : "Ruf" (1977, pour orchestre et bande), "Chessed I-IV" (pour quatuor ou 4 ensembles, avec ou sans orchestre, I, 1979, II, 1979, III, 1991, IV, 1994), "Tif'Ereth" (1985, pour 6 instruments solistes et 6 groupes orchestraux, inachevée, non écoutée), "Quodlibet" (1991, opéra de chambre spatialisé, paysagiste), "Machina Mundi" (1991, pour 4 instruments solistes, chœur, orchestre et bande magnétique), le cycle, en cours, des "Lichtung" (pour ensemble variable avec dispositif électroacoustique, I, 1992, II, 2000, III, 2007). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1991 | Quodlibet (solistes et orchestre) [50 ans] | Petit Orchestre (et solistes). Une œuvre spatialisée qui est une sorte de ballet avec solistes, d'une précision métronomique (le chronomètre est un accessoire indispensable à l'exécution) ; le dispositif encerclant le public est établi en fonction des 79 musiciens, avec 2 chefs, répartis en 4 groupes : immobiles (l'orchestre avec 45 instrumentistes), immobiles (7 solistes), semi-mobiles (6 percussionnistes pour 10 postes d'exécutions répartis), mobiles (un ensemble de 21 instrumentistes) ; c'est surtout une pièce innovante et unique, car la première du genre en tant qu'auto-biographie musicale ou kaléidoscope de matériaux antérieurs du compositeur lui-même -mais non pas de citations ou de collages (les traits individuels de "Degrés", un intervalle de "Fermata", le madrigal de "Voyage du corps", la harpe de "Impromptu pour un Voyage II", un enchaînement harmonique de "Purlieu") ; d'après le titre (littéralement «ce que l'on veut»), le quodlibet désigne usuellement une forme musicale où sont intégrés avec liberté des matériaux hétéroclites, et ici le melting pot résultant est superbe, notamment au concert, l'auditeur étant quasiment promené dans l'espace, le temps, et l'onirisme [création : 11 Juin 1991, au Coliseu de Lisbonne (Portugal)] | 56 | xxx | ++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 31 Août 1941
M.A.J.-Actus : 2009/11/20. | Création de "Das Märchen", opéra, le 25 Janvier 2008, à Lisbonne ; reprise des "Litanies", à la Cité de la Musique, le 15 juin 2007 ; pas de site Internet personnel, dommage |
Actualisation de la page : 28-Août-2010 |