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* ANDRÉ JOLIVET (1905 - 1974), France

SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUESTYLE MUSICAL
André Jolivet [1905, France (Paris) - 1974, France (Paris), décédé à 69 ans] ne s'oriente pas d'emblée vers la carrière musicale (en 1921, il entre à l'École Normale et devient instituteur jusqu'en 1942) ; à partir de la fin des années 20, il suit des cours de composition avec Paul Le Flem qui provoque la rencontre avec Edgard Varèse (il étudie avec lui, jusqu'à son émigration aux USA en 1933) ; entre 1945 et 1959, il est directeur de la musique à la Comédie Française et, entre 1966 et 1970, il est professeur de composition au Conservatoire de Paris. Site Internet : www.jolivet.asso.fr... Premières œuvres significatives : "Andante" (1934, pour ensemble de cordes), "Mana" (1935, piano solo, première pièce librement dodécaphonique Française et utilisant des rythmes originaux, un chef d'œuvre en 6 mouvements et 15 minutes), "Cinq Incantations" (1936, flûte, avec spontanéïté et poésie errante, composée en même temps que "Densité 21.5" d'Edgard Varèse), "Poèmes pour l’Enfant" (1937, pour voix et onze instruments). Instrument pratiqué : piano, orgue, violoncelle. Progressiste-Polyrythmique. André Jolivet est un compositeur important, au langage original, seul élève reconnu d'Edgard Varèse, mais il est victime d'un oubli injustifié depuis sa mort ; toute sa vie de compositeur a été consacrée à des recherches sur un langage musical propre, loin du sérialisme (rythmes, durées), plutôt modal, comme Messiaen, avec qui il avait fondé le groupe «Jeune France», avant guerre ; il est à la fois traditionnel par son attachement à la (poly)tonalité, au lyrisme, et, moderniste par ses recherches sur le langage (modalité, harmoniques, variation du timbre à l'intérieur d'une note, dénommé plus tard bisbigliando), sur les rythmes (irrationnels, asynchrones) et ses inspirations «primitivistes» (Afrique, Amérique Latine) sur fond incantatoire ; sur ses quelques 200 œuvres, peu d'entre elles ont été jouées régulièrement depuis 20 ans (et les enregistrements disponibles sont la plupart anciens et leur interprétation est datée)… Pièces emblématiques : "Suite Delphique (1943-1948, pour vents, harpe, ondes et percussion), "Trois Complaintes du Soldat" (1941-1943, pour baryton et piano, puis orchestre), "Chants de Linos" (1944-1945, d'abord pour flûte et piano, puis pour trio à cordes, flûte et harpe, solaires et scandés, d'après un rituel funèbre), "Cinq Danses Rituelles" (1944, pour orchestre, initialement pour piano), Sonate n°1 pour piano (1947), Concerto pour Ondes (1948, un sommet pour cet instrument), Concertino pour trompette, orchestre à cordes et piano (1950), Concerto pour flûte et orchestre à cordes (1949, brillant et mélodique), Concerto pour piano (1951, méditatif et véhément à la fois), Concerto pour harpe et orchestre de chambre (1952, non écouté en concert), "Epithalame" (1953, pour chœur à 12 voix, non écouté), Concerto pour trompette n°2 (1956, un bijou jazzy), Concerto pour violoncelle n°1 (1962, aux forces primitives), Symphonie n°3 (1964, avec un beau climat nocturne), "Suite en concert" (1966, pour violoncelle seul, non écoutée), "Ascèses" (1967, pour flûte, non écouté), Concerto pour violoncelle n° 2 (1967, non écouté en concert), "Songe à nouveau rêvé" (1971, pour soprano et orchestre, solaire), "Heptade" (1972, pour trompette et percussion, une belle étude de timbres et de rythmes).

 

 

ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)

CRÉATIONTITREANALYSETEMPSVALEURNIVEAU
1944 Cinq Danses Rituelles (piano et orchestre) [39 ans] Piano concertant. Modale mêlée d'atonalité, fortement rythmique et puissamment expressive, cette œuvre (issue d'une première pièce pour piano seul de 1939) est caractéristique de l'esthétique de Jolivet : la première danse baigne dans un climat grave sous-tendu par l'amas sombre et diffus de la percussion et des tenues souterraines des basses, pour finir dans un trépignement de rythmes élémentaires, la seconde, du héros, ressemble à une marche lourde et répétitive, puis ivre de solennité, la troisième, dite nuptiale, est sereine, fluide, légère et tendre, la quatrième, du rapt, vire à la violence la plus brutale, et la dernière danse, commencée plaintive, dite funéraire, puis lancinante, se termine dans une apothéose paroxystique [création : 5 Décembre 1944, à Paris (France)]. 25 xxxx +++++
1948 Concerto pour ondes Martenot (onde et orchestre) [43 ans] Onde concertante. Une œuvre qui s'ouvre par le mystère de l'onde, puis se déroule comme une élégie (au son flûté), comme une orgue électrique (presque un synthétiseur) et progresse dans l'antagonisme virtuose avec l'orchestre, ce qui est inattendu pour cet instrument traité le plus souvent comme un fond planant, pour se terminer par un chant doux, montant dans l'apothéose finale [création : 23 Avril 1948, à Paris (France), par Ginette Martenot]. 21 xxx ++++
1956 Concerto n°2 pour trompette (trompette et orchestre) [51 ans] Trompette concertante (avec 3 types de sourdine, normal, wa wa, et robinson, petit orchestre cordes par 2, 2 flûtes, saxophone alto, saxophone ténor, 2 percussions avec 14 instruments, harpe, piano, contrebasse). Un petit bijou de concerto de chambre en 3 mouvements, (1) "Mesto - Concitato", une introduction lugubre et triste en appels au wa wa suivie d'une danse polytonale asynchrone, plutôt agressive et agitée jusqu'à une apothéose finale agitée, (2) "Grave", un soliloque lent, statique, presque hiératique et désolé, bluesy, avec un arioso à la trompette élégiaque, (3) "Giocoso", une danse grinçante et jouissive, presque gouailleuse, primitive, avec un solo central de percussions tribales en grappes sonores, puis un dialogue en ostinatos entre soliste au wa wa et percussions, jusqu'à un finale très jazzy et maîtrisé [création : 5 Septembre 1956, à Vichy (France)]... de la même veine, le 1er concerto "Concertino pour trompette, orchestre à cordes et piano", créé en 1950, en 1 seul mouvement et 4 sections, de 10 minutes, alternant allegro et plus lent, tout aussi polyrythmique, mais avec une aura néoclassique, et surtout, "Heptade", un cahier d'études pour duo de trompette et percussion, en 7 courts mouvements (Allegro, Vivo, Cantante, Veemente, Maestoso, Sempre stringendo, Vivo e ritmico), pour un total de 16 minutes, créé en 1972, avec des relents jazzy et rock. 11 xxx ++++

 

 

ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours]

légendeNé le 8 Août 1905

M.A.J.-Actus : 2010/06/16.
Mort le 20 Décembre 1974 ; le centenaire de sa naissance en 2005 a stressé l'oubli injustifié qu'il subit ; une remarquable biographie a été publiée ; concert le 22 Octobre 2010, avec le Concerto pour basson, harpe et piano, à Rouen

 

Actualisation de la page : 28-Juillet-2010

© Jean Henri Huber, Musique Contemporaine.Info, 2005-2010 Pour retourner à la page d'accueil: Bienvenue !
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