| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Wolfgang Rihm [1952, Allemagne (Karlsruhe) - ] étudie, de 1968 à 1972, le piano et la composition avec Eugen Werner Velte et Wolfgang Fortner, au Conservatoire de Karlsruhe, puis avec Karlheinz Stockhausen à Cologne de 1972 à 1973, puis avec Klaus Huber à Fribourg-en-Brisgau de 1973 à 1976, et enfin avec Humphrey Searle ; dès 1973, il s'engage dans l'enseignement à Karlsruhe (il est nommé professeur de composition en 1985) et à Munich, à Darmstadt ; en 1981, il co-signe avec Manfred Trojan «Zur neuen Einfachheit» [vers la nouvelle simplicité], un manifeste pour une musique plus accessible, non sérielle et tonale (mais il s'en est écarté ensuite, notamment lors de l'assimilation de cette dite simplicité à la musique répétitive) ; actuellement il vit à la fois à Karlsruhe et Berlin... Première œuvre significative : "Kontour" (1974, une œuvre pour orchestre originale par le contraste entre la clarté et le brouillard), "Morphonie" (1974, pour orchestre et quatuor à cordes). Instrument pratiqué : piano. | Moderniste-Expressionniste. Wolfgang Rihm est un compositeur majeur, inventif, inégal (souvent accessible : son modernisme est de plus en plus tempéré, mais sans recherche de la séduction facile) et prolifique (plus de 350 numéros d'opus, peu joués en France) dont le langage ressort plus de l'expressionnisme modernisé, plutôt contrasté et tonal (tendant alors vers le post-modernisme), que d'une véritable recherche de voies nouvelles ; sa musique est d'essence Germanique, aphorisante, avec une émotion fondée sur la puissance enflammée mais sèche, sur une percutante suavité et sur les contraires clarté-confusion ; à partir des années 90, ses œuvres connaissent plusieurs versions (pas le «work in progress» Boulézien, mais des ajouts de sur-écriture, de complexification limitée, vers encore plus d'expression, voire de folie poétique)… Pièces emblématiques (sur un total incroyable de plus de 350) : Quatuor n°3 "Im Innersten" (1976), "Jakob Lenz" (1979, opéra de chambre), "Tutuguri I-VI" (1981, pour orchestre), "Départ" (1988, pour chœur mixte et ensemble, une pièce réussie, exemplaire de la «nouvelle simplicité»), "Chiffre-Zyklus" (8 pièces de formation variable, 1982-1988, non écouté en concert), "Die Hamletmaschine" (1983-1986, opéra d'après Heiner Müller, non écouté en concert), "Die Eroberung von Mexico" (opéra, d’après Antonin Artaud, 1987-1991, non écouté en concert), ainsi que 2 musiques relevant du théâtre musical, "Die Hamletmaschine" (1986) et "Œdipus" (1987), puis, "Gesungene Zeit" (1993, pour violon et petit orchestre, monolithe flûté atmosphérique), "Deus Passus" (1996, oratorio, une Passion selon Saint Luc, corrigée, méditative), "Jagden und Formen [Chasses et Formes]" (2001, pour ensemble). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1979 | Jakob Lenz (opéra de chambre) [27 ans] | Opéra chambre. Une œuvre, abrupte, sèche et quasi-inflammable, en 13 séquences, retrace l'histoire du poète Allemand Jakob Lenz (mort en 1792), sur sa démence qui inspire à Büchner une nouvelle inachevée (1835), avec une introduction enfantine (voix parlées et chantées de soprano-garçons, avec dérision) : de la montée en puissance de la folie jusqu'à la fin (où il est oublié et misérable), dans la solitude et l'oubli, à toucher le néant, comme une inexorable et redoutable aspiration ; la musique est d'une grande puissance expressive, troublante, contrastée, mélangeant les genres (y compris parlando) ; elle évoque parfaitement (avec si peu de moyens instrumentaux) cette limite clinique dans la fissure et la scission de l'Être ; une réussite à la fois musicale et théâtrale [création : 8 Mars 1979, à Hambourg (Allemagne)]. | 75 | xxxx | ++ |
| 1981 | Tutuguri I-VI (récitant, chœur et orchestre) [29 ans] | Orchestre-Voix. Une œuvre à effectif variable, toute tournée vers la fêlure ou la folie ou la sauvagerie, ou en tout cas vers l'extrême de l'expression par blocs, claire et forte, répétitive, distincte d'autres œuvres de Rihm par son côté rituel dansé et sa luxuriance (mais pas du tout jubilatoire : sèche, folle)… en 2 modes alternés, orchestre ou percussion et chœur ou récitant, rare (le texte, psalmodié, haché, est d'Antonin Artaud et le sous-titre est «Rite du Soleil noir») ; l'originalité de cette pièce vaut surtout par ses percussions (quasi vrombissantes, ou ensorcelantes) ; à ne pas manquer en concert : hallucinant [création : 12 Novembre 1982, à Berlin (Allemagne)]. | 118 | xxxxx | ++++ |
| 2001 | Jagden und Formen (ensemble) [49 ans] | Ensemble (24 musiciens, dont 13 bois et vents, 3 percussions, 1 harpe, 1 piano, 6 cordes). La pièce démarre par un signal de la percussion qui revient à lâcher les chevaux ou les chiens de la chasse (à courre), puis 2 violons s'entrelacent dans un jeu à l'ambiance ludique et amusée (presque badine) pour ouvrir sur un jeu bien plus ambitieux, celui du cheminement et de l'écart qui l'accompagne dans un canon de moins en moins ordonné, en parallèle à l'entrée successive des différents pupitres (vents, percussions) ; l'humur change aussi de la gaité, à la nervosité, à l'excitation jubilatoire, avec toujours 2 fils de lignes musicales qui se poursuivent, tournent, vibrent ensemble, s'emmêlent, se perdent et se retrouvent... pour se terminer sur une fausse boucle avec la résonance d'une corde grave, en 3 petits points, et puis s'élude brillamment [création : 15 Novembre 2001, à Bâle (Suisse), par l'Ensemble Modern, dirigé par Dominique My] | 55 | xxxx | +++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 13 Mars 1952
M.A.J.-Actus : 2010/06/14. | le Festival de Salzbourg 2010 propose un cycle à son hommage ; création Française de "Et Lux", pour quatuor vocal et quatuor à cordes, le 17 Novembre 2009, à Paris-Bastille ; création Française à Musica de "Vigilia", pour orgue, ensemble instrumental et 6 voix, le 30 Septembre 2006 ; pas de site Internet personnel, dommage |
Actualisation de la page : 14-Juin-2010 |