| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Hans Werner Henze [1926, Allemagne (Gütersloh, Westphalie) - ] (prononcer «henntseu») étudie l'harmonie et le contrepoint à Braunschweig à partir de 1942, puis travaille comme pianiste accompagnateur du Stadttheater de Bielefeld en 1945, avant de reprendre son apprentissage avec Wolfgang Fortner à Heidelberg, une fois la guerre terminée, de 1946 à 1948 ; à Darmstadt dès 1946, il y fait la rencontre déterminante, 2 ans plus tard, de René Leibowitz, avec lequel il travaille en épigone (premières œuvres dodécaphoniques) ; parallèlement, il s'intéresse au théâtre (collaborateur à Constance en 1948 et directeur artistique et chef d'orchestre à Wiesbaden) ; après des séjours à Berlin et Munich, il émigre à Naples en Italie en 1953, puis déménage à Rome en 1961 (avec un engagement Marxiste fort, en tant que membre du Parti Communiste, en réaction à l'homophobie, et aussi en raison d'un rejet total du fascisme de son père) : il y fonde les Cantiere Internazionali d'Arte à Montepulciano en 1976 ; il continue à visiter l'Allemagne fréquemment (master-classes de composition au Mozarteum de Salzbourg de 1962 à 1967) ; il s'engage en faveur du mouvement étudiant de 1968 en Allemagne et passe un an (1969-1970) à Cuba où il enseigne et s'inspire des poètes locaux (un oratorio révolutionnaire dédié au Che Guevara, en 1968) ; enfin, il se consacre à l'enseignement (cours de composition à l'école de musique de Cologne entre 1980 et 1991, à Londres en 1987), ou collabore avec diverses Institutions (compositeur au Tanglewood Music Center, USA, en 1983 et 1988, à la Philharmonie de Berlin en 1991...) et fonde, d'abord en 1981 les «Mürztal Workshops» et en 1984 le festival de la «Deutschlandsberg Youth Music», en Autriche, puis en 1988 le festival de la «Biennale de Munich» ; le personnage est clairement engagé politiquement et socialement, et ce de façon constante tout au long de sa vie (au contraire de son esthétique musicale plus fluctuante et évoluant vers le retour à la tonalité et aux valeurs néo-romantiques), avec un caractère combattif et bâtisseur, analytique et profondément artistique... Première œuvre significative : Concerto pour violon n°1 (1947, Bergien), Symphonie n°1 (1947, dodécaphonique, révisée en 1963). Instrument pratiqué : piano. | Opportuniste. Hans Werner Henze est typique de la génération de compositeurs qui a suivi les modes et styles de la Musique Contemporaine, tout en manifestant une inspiration (et une exigence personnelle) continue, depuis le sérialisme radical et l'aléatoire jusqu'au néo-romantisme des dernières symphonies ; il a abordé tous les registres de la Musique, mais reste plus connu pour ses opéras et ses Symphonies (10) où se révèlent ses talents d'orchestrateur et son inventivité rythmique et chromatique ; son style n'est pas vraiment caractérisé, mais la maîtrise compositionnelle apparaît immédiatement, ainsi que l'exigence qualitative et l'inspiration mélodique, mêlant modernisme (de moins en moins) et néo-classicisme, Jazz, Rock-Pop… Pièces emblématiques (sur un catalogue énorme d'au moins 270 pièces) : "Boulevard Solitude" (1952, opéra sériel avec incorporation de Jazz, réaliste, non écouté en concert), "Fünf Neapolitanische Lieder" (1956, pour baryton et orchestre de chambre, non écouté en concert), "Kammermusik" (1958, pour ténor et octuor à vent et cordes), "Elegy for Young Lovers" (1961, opéra, non écouté en concert, révisé en 1987), "Les Bassarides" (1966, opéra), "Das Floß der Medusa [Le radeua de la Meduse]" (1971, oratorio, non écouté en concert), "Voices" (1973, pour 2 voix ensemble), "Tristan" (1975, pour orchestre, non écouté en concert), Symphonie n°7 (1984, pour orchestre, inventive, avec un prodigieux final), et parmi ses œuvres récentes, non créées en France, "L'Upupa und der Triumph der Sohnesliebe" (2003, opéra), "Phaedra" (2007, opéra), Sebastian im Traum (2004, pour orchestre) et "Elogium Musicum" (2008, pour chœur et orchestre). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1966 | Les Bassarides (opéra) [40 ans] | Opéra théâtre. En 1 acte de presque 2 heures, l'opéra est inspiré des Bacchantes d'Euripide, où Penthée, le nouveau roi de Thèbes, tente de s'opposer au culte émergeant de Dionysos et meurt déchiqueté par les Bacchantes (le livret modernise le conflit entre raison et passion qui oppose Penthée et Dionysos en suggérant les dangers de ne pas accepter en l'homme la co-existence de pôles divergents ou opposés ; une œuvre très réussie par sa structure dramatique (innovante par sa construction en 4 mouvements, comme une symphonie), avec une musique déjà moins moderniste qu'initialement (superposition tonale et atonale, usage de la série à dose filée), mais d'une orchestration riche et puissante et d'une théâtralité accomplie, à la fois «bouffe» et tragique [création : 6 Août 1966, à Salzbourg (Autriche)]. | 119 | xxxx | ++ |
| 1984 | Symphonie n°7 (grand orchestre) [58 ans] | Grand Orchestre. Une symphonie classique (4 mouvements bien codifiés), au sens du langage, de la construction, de la forme («sonate»), avec une approche libre de la tonalité et de tradition Allemande ; le 1er mouvement commence par une danse suivie d'un enchaînement de catastrophes, le 2ème est une ode funérarire en hommage à Bartok (du Lac des Pleurs de Barbe-Bleue), le 3ème, rapide et sombre, rejoint Mahler, le 4ème est une mise en scène orchestrale d'un poème d'Hölderlin ; remarquablement équilibrée et inventive, la pièce vaut par son final hallucinant qui n'en finit pas jusqu'à l'orgiaque [création : 1er Décembre 1984, à Berlin (Allemagne)]. | 45 | xxxx | +++++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 1er Juillet 1926
M.A.J.-Actus : 2010/06/15. | Très peu d'actualités, presque oublié et peu joué en France, depuis le festival Présences qui lui était consacré en 2004... quel dommage ! En Allemagne, souvent joué ; annoncé : l'opéra "Gisela" (dans le cadre de Ruhr Triennale, en Septembre 2010) |
Actualisation de la page : 15-Juin-2010 |