| SYNTHÈSE BIOGRAPHIQUE | STYLE MUSICAL |
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| Gérard Pesson [1958, France (Torteron, Cher) - ] étudie d'abord les Lettres et la musicologie à la Sorbonne, avant d'être élève au Conservatoire de Paris, avec Betsy Jolas et Ivo Malec (analyse et composition), mais son héritage se trouve plutôt chez Lachenmann, voire Xenakis, Sciarrino, Nono (la dernière manière), Feldman ; en 1986, il fonde la revue de musique contemporaine Entretemps et travaille comme producteur à France Musique, la radio nationale (1985-1990, et à nouveau dans les années 2000) ; il est pensionnaire à la Villa Médicis à Rome (1990-1992), à partir duquel il écrit un roman-journal (Cran d'arrêt du beau temps. Journal 1991-1998, publié en 2004) ; il enseigne la composition au Conservatoire de Paris, depuis 2006 ; le personnage est, à l'image de sa musique, plus analytique que synthétique, plus intime que grandiose, plus subtil et allusif qu'envahissant, avec une quasi-manie du détail (même insignifiant) et un goût pour l'insolite, pour la poésie et pour l'exploration de l'inouï (hors des sentiers battus)... Première œuvre significative : "Nocturnes en Quatuor" (1987, pour clarinette, violon, violoncelle et piano). Instrument pratiqué : (?). | Moderniste-Indépendant (tendance miniaturiste). Gérard Pesson est un compositeur original, peut-être important ; son style est inimitable, utilisant des notes très courtes qui se succèdent rapidement sans se chevaucher et entourées de brefs silences (on pourrait le qualifier de «pointilliste» à l'instar des peintres, si le terme n'était pas déjà utilisé pour le premier sérialisme intégral, ou alors d'orfèvre), résultant dans un pittoresque Français, très expressif, en miniatures, fascinant, savant et ludique à la fois (pour l'anecdote, le sobriquet «Gérard Peu-de-sons» lui a été collé, un peu comme -mais en sens inverse- dans le film de Milos Forman, Mozart était taxé à tort d'écrire «trop de notes») ; sa musique apparaît d'emblée comme poétique, allusive, au temps suspendu (légèreté, a-pesanteur) et avec un geste instrumental intentionnel fort (aux limites des interprètes, par discontinuités, par glissandi, par pianissimi) ; son langage relève du filtrage et de la soustraction (jusqu'à l'ossature, l'épure), avec le risque de la quasi-citation (en parallèle à une activité de transcription-filtrage, plutôt anecdotique, comme "Wunderblock - Nebenstück II" en 2005, pour accordéon et orchestre, à partir de thèmes symphoniques de Bruckner) ou du maniérisme ; c'est un musicien de l'instant, de l'intime, de l'effacement, de l'introversion (en ce sens, il n'a pas encore convaincu dans les grandes formations), de la subtilité ludique (à la fois élégante et cruelle... écoute attentive requise), du festonnement (sans guirlande) et bien sûr des «trous» (tissu musical parsemé de silences, créant des effets de blanc), sans oublier une forte imprégnation littéraire (écrivain un rien passéiste)… Pièces emblématiques : "Respirez, Ne Respirez plus" (1993, pour quatuor à cordes, un ballet fantômatique), "Mes Béatitudes" (1995, pour trio à cordes et piano), "Ombres nous-mêmes" (1996, non écoutée), "Récréations Françaises" (1996, pour trio à cordes, flûte, hautbois, clarinette), "Branle du Poitou" (1997, pour piano solo et 8 musiciens), "Aggravations et Final" (2002, pour grand ensemble), "Cassation" (2003, pour clarinette, violon, alto, violoncelle, piano, difficile d'accès), "Pastorale" (2006-2009, opéra-ballet, parodie sur l'amour absolu), "Bitume" (2008, pour quatuor à cordes, n°2, noir, collant, tout en ostinato). |
ŒUVRE(S) SÉLECTIONNÉE(S)| CRÉATION | TITRE | ANALYSE | TEMPS | VALEUR | NIVEAU | | 1996 | Récréations Françaises (trio à cordes, flûte, hautbois, clarinette) [38 ans] | Cordes-Bois (6 musiciens). Des petits bijoux en miniature qui procurent un plaisir unique, ludique, poétique ; des pièces, courtes et charmeuses, presque dansantes, d'une belle virtuosité et une musique (discontinue et légère) vraiment différente ; le compositeur veut répondre à la question «existentielle» de l'essence Française en musique (spécificité, unicité), notamment par rapport à la musique Allemande, en jouant avec les typologies, se situant alternativement (par saut) de part et d'autre du Rhin ; les sous-titres des 9 bagatelles sont ainsi explicites : l'Harmonieux Forgeron (scherzo-trio-scherzo), solo de clarinette (un souffle), Effet de nuit sur Royaumont, les barricades mystérieuses (vivement), solo de hautbois (une tierce), Knochenmusik, Hommage à Claire-Jeanne Jézéquel (deux notes), solo de flûte (un sifflet lointain), petite danse macabre ; facile d'accès chez ce compositeur (à ne pas manquer, en ce sens), même si la construction est savante : jeu sur le réseau des hauteurs et sur les successions ou alternances chromatiques complémentaires à ces hauteurs [création : 22 Avril 1995, au festival de Witten (Allemagne)]... de la même veine et avec un effectif semblable : "Mes béatitudes", 1995. | 17 | xxxx | ++++ |
ACTUALITÉ [Créations, Reprises, En cours] | Né le 17 Janvier 1958
M.A.J.-Actus : 2010/06/01. | Création de "Cantate = Pays" (pour ensembles et électronique), à Agora, le 7 Juin 2010 ; création scénique de l'opéra "Pastorale" (réussie) au Chatelet, en Mai 2009 ; compositeur à l'affiche du Festival d'Automne 2008 à Paris, avec 3 créations ("Bitume", "quatuor II", "Vignette I et II") ; création en Septembre 2006 à Musica de "Panorama, particolari e licenza" (Harold et son double), repris à Paris le 14 Octobre ; travaille mi-2010 à une petit pièce pour orchestre et une autre plus longue pour piano et orchestre ; pas de site Internet personnel, dommage |
Actualisation de la page : 01-Juin-2010 |